Skip to main content

MAUD OCTALLINN « Dramadanses »

(11-17/04/2026 – Ratée production)

Elle avait laissé de la place Sur le cloud depuis son hagiographie Sainte Saucisse (2019) mais puisque Ça va mieux merci (reggae cosmique révélé en premier single), Maud Octalllinn signe son retour avec un album oscillant entre chanson pop, électro-ménagère, drum and bass et tentative de dancehall, réalisé cette fois avec plusieurs complices dont le beatmaker S.O.A.P (Yoshi, Taïwan MC). Toujours avant-ringardiste comme elle dit, Maud retrouve le côté musical de sa double-vie pour un album en forme de rite thérapeutique. Si drôles de ritournelles ragga et Danses espagnoles ne vous font pas peur, chaussez vos Belles baskets !

JÉRÔME MINIÈRE single « Pensées sans calcul » (feat. Salomé Leclerc)

(09/04/2026 – Objet Disque / Happy Life)

Annonçant le nouvel album du franco-québécois, Pensées sans calcul a d’abord été un poème, puis un podcast expérimental basé sur un dialogue halluciné avec ChatGPT, avant de devenir cette ritournelle electro-poétique qui interroge notre rapport à l’IA, servie par la voix et la guitare de Salomé Leclerc, ainsi que la basse d’Albin de la Simone. Des thématiques déjà abordées par Jérôme Minière sur son diptyque Une clairière / Dans la forêt numérique, celles d’un monde qui change, dont il reste le chroniqueur fragile et inquiet mais toujours visionnaire, et surtout… très humain.

LA CIGUË « La ache des chiens »

(03/04/2026 – Figures Libres Records / L’Autre Distribution)

Venus du rock et de la chanson en duo également (Toukan Toukan pour l’un à la batterie, Grande pour l’autre au chant et au violon), Etienne et Chloé abordent ici des rivages disons néotrad qu’on aurait tort de ranger hors des « musiques actuelle ». En puisant dans ses racines (berrichonnes en particulier), La Ciguë propose un « bal de mauvaises graines », un instant de communion et de rencontre bien sûr, mais aussi une tribune fiévreuse. Comme sur le premier single La rose et le rosier, valse sombre et troublante dont la métaphore florale dévoile en réalité l’histoire d’un amour interdit, brisé par la violence et la possession, ou sur Debout, hymne aux révoltes et aux lâchers-prise, et même poing levé sur Barbare. Mais ils ne s’interdisent pas quelques moments où le calme n’enlève rien à la tension et à l’intensité (Il pleut, L’île aux prières…). Empruntant son nom comme son titre à une plante sauvage et toxique qui pousse dans l’ombre des haies, La Ciguë  fait de la tradition une arme de résistance sonore.

CHANSONS PRIMEURS Printemps 2026

(26/03 au 03/04 dans le quart nord-ouest)

Habitué à l’écriture sous contrainte, ignatus promène depuis une douzaine d’années ce concept où 8 artistes venus de différents horizons ont 3 jours pour écrire 16 chansons présentées dans la foulée à un public heureux de ces moments uniques. Au casting comme toujours, des artistes à la notoriété établie (Clarika et l’ex-Brigitte Sylvie Hoarau), d’autres moins connus mais à la carrière bien installée (Ben Herbert Larue, l’ex-Rouquine Sébastien Rousselet, Hélène Piris), renforcés par de jeunes pousses prometteuses (Adélys, Barbara Zimmer, Anaïs Rosso). Du bon et du tout frais à venir déguster en primeur !

ORWELL single « Tout jusqu’au bout (Soltanto) »

(13/03/2026 – Picture Disque / Inouïe Distribution)

Après l’incartade Son Parapluie qui l’avait mené jusqu’aux Trans, et le pas de côté constitué par des reprises de Simple Minds à la sauce Orwell, Jérôme Didelot et ses complices reviennent aux recettes qui ont fait de leur formation une valeur sûre et de plus en plus reconnue de l’indie-pop à la française. Saine maladie que cette Composite qui donne le nom à l’album protéïforme attendu en mai, et premier exemple de leur savoir-faire avec ce titre à la mystérieuse appendice italophone, interrogation subtile sur la persévérance et refrain qui s’immisce…

NATACHA TERTONE « La patience n’existe pas »

(13/03/2026 – NoldUp / PIAS)

La réédition appréciée de son unique album avait permis à la lilloise de remonter sur scène, avec ses complices Bruno Mathieu et Jérôme Mackowiak : on avait vu alors que la jeune adulte débordée par son incompréhension du monde était devenue une femme à la voix plus assurée, et pu découvrir quelques nouveaux titres annonciateurs d’une palette élargie, d’une écriture travaillée. Une artiste ne suit pas les modes mais crée un monde qui lui ressemble : traçant un arc narratif clair et qui assume contradictions et complexités de l’artiste, son 2e album s’ouvre sur Ne jamais dire jamais et s’achève sur La valse de 25 ans donnant quelques incides sur les raisons de sa longue éclipse comme de son retour, en passant par les singles Je tiens bon, 123 soleil et Non ou encore le poignant Quand tu fais le mort :  la mélancolie est lucide et la résilience au coeur du propos de cette téméraire rébellion face à l’ordre des choses. Si le temps est anthropophage, point ici de nostalgie stérile, au contraire : qu’importent les tempêtes à traverser, c’est bien le jeu d’aller chercher Le sel de la vie

ROMANCE « D’la faute à moi » single

(25/02/2026 – ZRP / Kuroneko)

Ce groupe parisien emmené par un leader aux racines rennaises a déjà été repéré sur scène, et proposera à la rentrée un premier album enregistré par son voisin de label James Eleganz. Sur une bande son puisant avec érudition ce qu’il faut d’élégance et de morgue dans une vaste palette dont l’étiquette dandy punk pourrait résumer la teneur, on y suivra le parcours d’un personnage abordant l’âge adulte. Dans ce premier single malin au refrain immédiat, il prend conscience de qui il est, de la différence de réussite en fonction des castes, et des règles du jeu que supposent ces inégalités…

IGNATUS « Choses Piano »

(16/01/2026 – Ignatub / Believe – Inouïe Distribution)

Si certaines de ses chansons les plus emblématiques ont été composées au piano, ce sont ici des pièces instrumentales que nous livre Jérôme ‘ignatus’ Rousseaux, qui se souvient de la manière dont un séjour en Inde lorsqu’il avait 20 ans et étudiait le piano jazz, l’avait éveillé à des gammes peu usitées en occident. Comme sur l’introductif Feuille fil danse, c’est en conservant les moments les plus intéressants des improvisations réalisées dans cet esprit, sur son demi-queue Erard de 1920, qu’ignatus transpose sur un territoire disons néoclassique la subtile singularité qui en a fait un artiste particulièrement apprécié et respecté côté pop.

NATACHA TERTONE « 1 2 3 Soleil »

(12/11/2025 – NoldUp / PIAS)

Ce second extrait du 2e album de la Lilloise prévu pour le printemps, un quart de siècle après son premier long format, transforme un jeu d’enfance en métaphore électrisante du temps qui passe, s’aventurant avec brio dans un pont slamé témoignant de l’aisance vocale (et scénique) gagnée par Natacha Tertone, qui s’affirme comme l’une des voix singulières de la scène avant-pop francophone.

HANKY XX « Under A Western Sky »

(07/11/2025 – ZRP / Kuroneko)

Deux figures de la scène rennaise ou du moins bretonne se réunissent autour de leur amour pour la country music, James Eleganz (ex-Success) et Goulven Hamel (The Celtic Social Club, ex-Santa Cruz, vu aux côtés de Miossec, de Daho bientôt). Un style musical qu’ils n’hésitent pas à malmener un peu sur ce premier album où l’on suit deux personnages féminins, qui ne font peut-être qu’un : Camilla empruntée au Ask the Dust de John Fante, et Rebekah Hartness, celle-là même qui inspira à Taylor Swift The Last Great American Dynasty, étonnant premier single du duo. Un road trip parfois nocturne (Moonlight is a Full Light), jouant avec les codes à coup de samples étranges (Pearls & Furs), toujours au bord de la folie dont on prend conscience (The Devil Inside), avant que nos héroïnes ne disparaissent dans la brume (The Flying Dutchman, Gone With The Wind). Cet accès de folie sans doute passagère pourrait bien laisser des traces…