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GRÉGOIRE GERSTMANS single « Somehow »

(05/06/2026 – PIAS)

Le pianiste liégeois annonce son 2e album dont le titre, Éternité, laisse deviner qu’il va continuer l’exploration du temps, de l’instant, du silence, entamé sur son Hypnagogie initial. Le temps « on le remplit, on s’y accroche, mais il finit toujours par nous échapper. Somehow, d’une manière ou d’une autre, tout cède » explique-t-il, osant cette pièce d’une lenteur laissant à chaque note le temps de s’installer. Le point de rupture où « le contrôle devient illusion… alors quelque chose lâche, enfin ».

ROBIN FOSTER & BRIAN LOPEZ « The Neverender »

(05/06/2026 – Autoproduction / Roy Music)

Le compositeur anglais installé de longue date dans le Finistère sort un peu de ses habitudes instrumentales en invitant pour son prochain album Northwesterns une large palette d’amis musiciens, venant chanter sur ses titres en français, en breton, ou comme ici en anglais. Repéré au sein de Giant Sand, Brian Lopez pose ainsi sa voix habitée sur ce titre convoquant des fantômes des bouts du monde, qu’ils soient faits du sable de l’Arizona ou des embruns de l’Atlantique…

FULBERT single « La vie sauvage »

(02/06/2026 – La Lézarde / L’Autre Distribution)

Xavier Plumas réactive le groupe avec lequel il s’était déjà échappé une première fois de Tue-Loup, bien avant ses albums solo, et déjà en compagnie du batteur Cyril Bilbeaud (Sloy, Versari, Zone Libre). Même si l’on garde en repère l’écriture venéneuse et le jeu de guitare du Sarthois avec ce premier single, on découvre l’apport du sax de Pierre Lambla et de la voix de Doctrovée Bansimba (qui signe aussi les visuels), annonçant un disque-voyage, plus libre que jamais.

JÉRÔME MINIÈRE single « Hikikomori » feat. POIRIER

(28/05/2026 – Objet Disque / Happy Life)

Après Pensées sans calculs, le franco-québécois se penche sur un phénomène identifié au Japon dans les années 70/80 et qui a pris de l’ampleur lors de la pandémie de Covid : se couper du monde, s’enfermer chez soi, s’isoler volontairement. Le texte, implacable et imagé, est comme toujours chez Jérôme Minière, d’une grande acuité. On y retrouve l’universel de nos solitudes contemporaines, le rapport particulier à l’isolement qu’ont nos existences depuis cette période particulière, encadrées par les écrans, verrouillées en silo par les algorithmes. Le franco-québécois retrouve son complice Poirier pour concocter ce blues nocturne et électronique, à la fois triste et dansant comme chez un Stromae un peu fragile. Et qui agit comme un antidépresseur…

ÉRIC NEVEUX « La Messagerie – EP01 »

avec BELLBOY, BEN’S SYMPHONIC ORCHESTRA et RICHARD WILBERFORCE (22/05/2026 – Tuba / IDOL)

Après le thème originel Le répondeur par Éric Neveux lui-même, on en découvre ici une première salve de relectures, emmenée ici par Mom’s Call, petite perle de pop synthétique imaginée par le jeune et prometteur duo rennais Bellboy (Microqlima) : les voix vocodées sont mises au service d’une intro planante et mystérieuse qui se mue en un titre électro-pop à la production élégante, vrai single à la séduisante mélancolie. Le complice des années Microbe, Ben’s Symphonic Orchestra, décroche quant à lui le Téléphone rose et les synthés analogiques pour donner au thème du groove et du grain. Chacun ses armes : chef du Chœur de l’Orchestre de Paris et de la Philharmonie, Richard Wilberforce enfin multiplie les voix pour inventer un Voice Male au titre malin et au charme immédiat. Difficile de décrocher non ?

ORWELL « Composite »

(15/05/2026 – Picture Disque / Inouïe Distribution)

Après l’incartade Son Parapluie qui l’avait mené jusqu’aux Trans, et le pas de côté constitué par des reprises de Simple Minds à la sauce Orwell, Jérôme Didelot et ses complices reviennent aux recettes qui ont fait de leur formation une valeur sûre et de plus en plus reconnue de l’indie-pop à la française. Saine maladie que cette Composite qui donne le nom à cet album protéïforme (et à un bel instru) passant en revue ce qui fait la marque d’Orwell : exigence mélodique, richesse des arrangements, textes essentiellement francophones aux thématiques universelles cachées derrière des formules cryptiques. Ainsi pour l’appendice italophone du premier single Tout jusqu’au bout (Soltanto), hymne à la persévérance (auquel Chercher sans relâche ou l’incartade anglophone Long is the Race font écho), ou l’étrange formulation de l’entêtant Tellement sans. Si les mélodies sont limpides, le sens est parfois retors : Tout n’arrive qu’à moi ne s’autorise ainsi un « je » autocentré que pour raconter avec humilité (mais en accords majeurs) combien chaque existence ne peut se nourrir que de son propre ressenti. Et si un brin de mélancolie ou de saudade à la sauce lorraine (!) s’entend sur certains titres (Si le sol se dérobe, Plus au sud), c’est surtout l’impression d’une certaine sérénité qui traverse ce composite : celle que gagne peu à peu l’artisan appliqué qui sans même y penser aura construit une œuvre.

THE REED CONSERVATION SOCIETY single « The Kruize »

(28/04/2026 – La Basse Roche / Believe)

Marquant un retour à la langue anglaise des trois EP initiaux, le 2e album de la formation parisienne s’annonce avec ce premier extrait, où il est question de la propension qu’on peut avoir à se complaire dans des relations imparfaites. On y retrouve la classe des mélodies et des arrangements de TRCS, et le goût de Stéphane Auzenet pour construire des récits parfois un peu surréalistes (en clin d’œil à Pavement en l’espèce), aidé ici par la voix de Natasha Penot (vue récemment au sein de The Appartments entre autres), et servi par les somptueux paysages du clip réalisé (comme Pylônes) par Elon Cattan. On vous embarque !

ÉRIC NEVEUX single « Le répondeur »

(17/04/2026 – Tuba / IDOL)

Après avoir émergé dans la vague electro de la fin des 90s en tant que MrNeveux et cofondé le label Microbe (This it the Kit, Barbara Carlotti…), il est devenu un des compositeurs de musiques de film les plus appréciés (de Ceux qui m’aiment prendront le train à des séries comme Sentinelles). Créé pour le long métrage éponyme de Fabienne Godet (avec D.Podalydès et S.Cissé), Le répondeur est un thème si apprécié qu’il a donné envie à Éric Neveux de le confier à pas moins de 25 artistes pour autant de façon de le revisiter. En attendant de découvrir ces créations (instrus ou chansons), on commence logiquement avec le thème lui-même, porté entre autres par le piano alerte de Macha Gharibian.

MAUD OCTALLINN « Dramadanses »

(11-17/04/2026 – Ratée production)

Elle avait laissé de la place Sur le cloud depuis son hagiographie Sainte Saucisse (2019) mais puisque Ça va mieux merci (reggae cosmique révélé en premier single), Maud Octalllinn signe son retour avec un album oscillant entre chanson pop, électro-ménagère, drum and bass et tentative de dancehall, réalisé cette fois avec plusieurs complices dont le beatmaker S.O.A.P (Yoshi, Taïwan MC). Toujours avant-ringardiste comme elle dit, Maud retrouve le côté musical de sa double-vie pour un album en forme de rite thérapeutique. Si drôles de ritournelles ragga et Danses espagnoles ne vous font pas peur, chaussez vos Belles baskets !

JÉRÔME MINIÈRE single « Pensées sans calcul » (feat. Salomé Leclerc)

(09/04/2026 – Objet Disque / Happy Life)

Annonçant le nouvel album du franco-québécois, Pensées sans calcul a d’abord été un poème, puis un podcast expérimental basé sur un dialogue halluciné avec ChatGPT, avant de devenir cette ritournelle electro-poétique qui interroge notre rapport à l’IA, servie par la voix et la guitare de Salomé Leclerc, ainsi que la basse d’Albin de la Simone. Des thématiques déjà abordées par Jérôme Minière sur son diptyque Une clairière / Dans la forêt numérique, celles d’un monde qui change, dont il reste le chroniqueur fragile et inquiet mais toujours visionnaire, et surtout… très humain.