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FONTAINE WALLACE « Le projet »

(14/05/2021 – Microcultures / Kuroneko)

Après un premier album éponyme paru en 2018, la formation parisienne de l’ex-Superflu Nicolas Falez nous rappelle avec brio qu’il est une des plus belles plumes et l’un des plus fins mélodistes d’ici, parfaitement appuyé par ses nouveaux comparses Cécile Beguery, Fabrice de Battista et Ludovic Morillon, mais aussi par quelques invités (dont le Married Monk Tom Rocton). S’avouer enfin que Le projet « c’est que tout reste en désordre », se perdre dans le rock de Dédalus et être un peu en retard au Point Polka n’empêchera pas même 25 ans après d’écouter leur conseil : Prends soin de ton amour. Promis.

MATT ELLIOTT « The Broken Man » réédition

(30/04/2021 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Au sortir de la trilogie Songs, l’anglais signait là un album délicat et abouti, d’une noire mélancolie mais aussi d’une beauté lumineuse. Aidé par Katia Labèque qui signait une magnifique improvisation au piano et par Yann Tiersen qui avait mixé l’album, Matt touchait le fond tout en tutoyant les sommets avec un de ses plus beaux albums, porté entre autres par le poignant Dust Flesh and Bones. Le voici réédité, en version LP standard, LP red/black marble et en 2LP gatefold incluant 2 bonus tracks et des versions instrumentales.

THE YOUNG GODS « The Young Gods » – réédition

(09/04/2021 – Two Gentlemen)

Réédition du premier album du mythique groupe suisse, salué à l’époque comme album de l’année 1987 par Melody Maker. Avant même L’Eau Rouge (déjà réédité en 2019), le groupe posait déjà les bases d’une carrière inventive et protéiforme, avec déjà aux côtés de son leader Franz Treichler, le pionnier des samplers Cesare Pizzi (parti en 88 mais revenu ces dernières années avec un plaisir communicatif), et le batteur Üse Hiestand (remplacé en 97 par Bernard Trontin toujours en poste). Et en bonus, des titres issus de leur John Peel Session de 88. Où la bruyante jeunesse des Jeunes Dieux…

TUE-LOUP « La peau des arbres »

(05/02/2021 – La Lézarde / L’Autre Distribution)

A lui tout seul le titre du 12e album de la formation sarthoise en dit long sur la beauté du verbe de son leader Xavier Plumas, qui s’illustre encore ici par sa métrique hors pair (Les beaux jours). Mais ce serait oublier qu’il est aussi un fin mélodiste, comme en témoigne le premier single Mayol (désignant une femme et non un plongeur !). Il s’essaie aussi sans complexe à l’anglais, entre autres pour une reprise étonnante de Black Is The Color Of My True Love’s Hair avec l’appui vocal gorgé de soul d’Astrid Veigne, la nièce du bassiste Eric Doboka. Avec l’excellent batteur Alex Berton (déjà convaincant en live, présent sur album pour la première fois), il dresse l’écrin idéal pour le sax d’un autre invité (Cédric Thimon), et bien sûr pour les guitares malignes de Thierry Plouze, qui font tant pour le son Tue-Loup. On suivra volontiers sur les bords de Siagne l’une des plus admirables formations du folk-rock d’ici, vieux chêne rassurant qui sait que le temps joue pour lui.

EMMANUEL TUGNY & JOHN GREAVES « Les molécules fidèles »

(22/01/2021 – Boom Records / Inouïe Distribution)

Le maloin Tugny termine son triptyque consacré à la poésie en puisant cette fois chez Théophile Gautier, aidé en cela par son ami John Greaves et ce sur une base simple : l’un chante sur les compositions de l’autre, et vice versa. Préciosité parnassienne, acidité dandy et candeur érotique de l’une des plus grandes plumes françaises du XIXe sont là cette fois pour explorer (après le corps chez Corbière et l’âme chez Scève) la question du coeur.

LEOPOLDINE HH « Là ! Lumière particulière »

(15/01/2021 – Eh Ouais Mec Prod / Modulor)

Après avoir remporté entre autres le prix George Moustaki en 2017, l’alsacienne (désormais parisienne) Léopoldine HH et ses deux complices Michel Gilet et Charly Chanteur se sont taillé une solide réputation en jouant longtemps les titres de leur premier album, où figuraient déjà quelques chansons de Gildas Milin. L’auteur a invité la chanteuse à venir puiser chez lui matière textuelle et musicale qui forme finalement tout ce deuxième album, disque serein en un temps incertain. Il navigue sans complexe de l’onirique premier single Psychotropique à la pochade rock Je dis non en passant par la douce comptine Je t’ai vu, le surprenant disco Ce que tu cherches, ou la fausse et poignante légèreté d’Où vont les sons ? Bonne question d’ailleurs. Dans les oreilles et dans les cœurs on l’espère, et pour les yeux : lumière particulière.

MICHEL CLOUP DUO & PASCAL BOUAZIZ « A la ligne – Chansons d’usine »

(11/12/2020 – Ici d’Ailleurs / L’Autre Distribution)

Qui mieux que Michel Cloup Duo et Pascal Bouaziz (Mendelson, Bruit Noir) pouvait mettre en musique « A la ligne », premier roman couronné de succès de Joseph Ponthus ? Plus qu’une simple mise en musique, ce disque né au départ d’une carte blanche live nous plonge dans la réalité terriblement concrète des « travailleurs de l’usine », qu’ils produisent « Le tofu » à en haïr les vegans ou sentent « A l’abattoir » le goût du sang dans leur bouche, à en donner des « Cauchemars »… Abrasif, percutant, sensible, édifiant : le rock avait presque oublié combien il pouvait être tout ça.

FREDDA « Bisolaire »

(13/11/2020 – Microcultures / L’Autre Distribution)

Comme l’indique son très beau titre emprunté à la chanson d’ouverture Femme bisolaire, ce 6e album de Fredda explore diverses dualités : chanson française et americana (Tucson), fiction et autobiographie, bonheur (Jours heureux ou Appartiens à une île) et mélancolie (Toutes ces choses, A mi-chemin), côté civilisé ou plus sauvage (Habitants de la forêt, Primitive), face intime et ouverture sur le monde… Un songwriting lumineux et poétique à la hauteur de sa voix limpide, et porté par les arrangements de Pascal Parisot et les samples de Nicolas Repac. J’efface chante Fredda, mais tant mieux si elle recommence tant on a besoin en ce moment de la lumière tranquille de ce Bisolaire

JUR « Sangria »

(13/11/2020 – CRIDAcompany / L’Autre Distribution)

« Tous les morceaux ont été écrits dans un temps très court et dans un moment de vie extrême, écrire à ce moment là a été vital », indique Julien Vittecoq compagnon et élément central du groupe Jur autour de la chanteuse espagnole qui lui a donné son nom. Et pour cause, après un disque marqué par la maternité, celui-ci a été initié au moment où l’on découvrait à la jeune maman une tumeur au cerveau. Qu’on se rassure, non seulement elle va mieux, mais elle n’a rien perdu de sa folie et de sa capacité à susciter l’émotion, comme sur le premier single En stationnaire, aérien, entêtant, en suspens…

LAETITIA SHERIFF « Stillness »

(06/11/2020 – Yotanka / PIAS)

Six ans qu’on attendait le retour d’une des figures les plus appréciées de la scène rock française. Elle est toujours accompagnée de Nicolas Courret (Eiffel, Bed) à la batterie et de son compagnon Thomas Poli (Montgomery, Dominique A) à la guitare (suppléé sur scène par Xavier Rosé de Totorro), revenant avec un disque en forme de miroir, autour du besoin de se retrouver. De l’appel à l’insurrection des consciences ouvrant le disque (People Rise Up) au lumineux premier single Deal With This en passant par le poignant Go To Big Sur, c’est une urgence salvatrice qui parcoure ce Stillness. Se retrouver, la retrouver, il est grand temps…