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GONTARD « Akene »

(Ici d’Ailleurs / L’Autre Distribution – 12/11/2021)

Tombant de plus en plus le masque, Gontard nous entraine dans une sorte d’épopée-western, de vadrouille sur la Nationale 7, hommage à une époque où le Valentinois puise l’essentiel de ses références musicales, littéraires et cinématographiques soit grosso modo la période 75-85, celle d’un monde plus balisé. Ce qui ne l’empêche pas, au contraire, d’élargir sa palette musicale avec le reggae La séduction ou les touches « world » de Mahalia Dooyoo. On attaque avec un Plein de super en bande de potes autour d’Akene Guetno et son Anémone belle comme un Camion, mais comme toujours avec Gontard, le léger ou faussement léger (Homme perdu) côtoie le touchant (La chansons de Cédric) voire le poignant (Femme d’entretien, Faillite). Ce voyage dans le passé lui aurait-il fait oublier le propos social voire politique tenu jusqu’ici sur le présent (Repeupler…) ou sur l’avenir (2029) ? Au contraire, il y puise la force de penser que Le vent sifflera trois fois car on sait « que nous sommes ensemble et qu’ils sont tout seuls », et que « Les loups c’est nous ». Même avec un masque de lapin.

MENDELSON « Le dernier album »

(15/10/2021 – Ici d’Ailleurs / L’Autre Distribution)

Pascal Bouaziz et sa bande à géométrie variable choisissent de mettre explicitement fin à une aventure à part qui aura duré un quart de siècle, littéraire et pourtant dotée d’une musicalité exceptionnelle, dure souvent, pince-sans-rire parfois, émouvante toujours. Il sera donc bientôt trop tard pour découvrir pourquoi et comment un groupe aussi « inconnu » a pu accéder au statut de « culte » de son vivant. La chanson Le dernier disque fait figure de manifeste pour cet ultime geste, auquel La dernière chanson vient quant à elle mettre un point final, avec de manière surprenante plus de gratitude que de regrets ou d’aigreur. Seulement cinq titres avec l’autobiographie amère et caustique mais aussi étrangement apaisée qu’est Les chanteurs, au contraire du poignant Héritage. Et avec Algérie, chanson-fleuve comme seul Mendelson en a, en avait le secret. Sans doute la pièce maîtresse de ce disque final, estocade bouleversante où Pascal Bouaziz parvient à mêler le propos très politique du précédent album avec le discours le plus intime d’une profonde nostalgie : comme dans 1983 (Barbara) son œuvre la plus célébrée, c’est quand il raconte sa propre histoire qu’il tutoie les sommets.

STRANDED HORSE « Grand Rodeo »

(17/09/2021 – Ici d’Ailleurs / L’Autre Distribution)

Que faire face aux derniers feux d’un monde qui s’éteint ? Si ce n’est, sans faux espoir, d’essayer de garder en vie cette lueur ? Kora en main, Yann Tambour nous propose la danse et la transe pour faire face à l’apocalypse qui semble se profiler. Avec ses trois complices Boubacar Cissokho, Sébastien Forrester et Miguel Bahamondès-Rojas (et Carla Pallone sur Le ciment sous nos pieds), il puise dans des héritages venus d’un large panel auquel après tout le terme « musiques du monde » pourrait convenir, celles de l’occident parmi beaucoup d’autres. En anglais ou en français, la forme peut se faire poignante (reprise du Thiely de L’Etoile de Dakar ou Sparks Turn To Stone) ou faussement plus légère (irrésistible Rumba du Trépas), ce sont là les chroniques de temps étranges, telles les couleurs chaudes et les flous kaleïdoscopiques d’un rêve tragi-comique où il nous faut bien avancer, fut-ce à reculons…

STRANDED HORSE « Towards a Waning Glow » single

(09/06/2021 – Ici d’ailleurs / Alter K Distribution)

Towards a Waning Glow signifie « vers une lueur déclinante ». Que faire face aux derniers feux d’un monde qui s’éteint ? Si ce n’est, sans faux espoir, d’essayer de garder en vie cette lueur ? Voici le premier extrait du nouvel album de Yann Tambour et ses trois complices, qui kora en main nous proposent la danse et la transe pour faire face à l’apocalypse qui semble se profiler. Déclinés sur un clip où s’exprime la chorégraphe Marion Motin (Stromae, Christine & The Queens), c’est aussi l’occasion de découvrir un somptueux univers visuel, entre couleurs chaudes et flous kaléidoscopiques.

MATT ELLIOTT « The Broken Man » réédition

(30/04/2021 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Au sortir de la trilogie Songs, l’anglais signait là un album délicat et abouti, d’une noire mélancolie mais aussi d’une beauté lumineuse. Aidé par Katia Labèque qui signait une magnifique improvisation au piano et par Yann Tiersen qui avait mixé l’album, Matt touchait le fond tout en tutoyant les sommets avec un de ses plus beaux albums, porté entre autres par le poignant Dust Flesh and Bones. Le voici réédité, en version LP standard, LP red/black marble et en 2LP gatefold incluant 2 bonus tracks et des versions instrumentales.

MICHEL CLOUP DUO & PASCAL BOUAZIZ « A la ligne – Chansons d’usine »

(11/12/2020 – Ici d’Ailleurs / L’Autre Distribution)

Qui mieux que Michel Cloup Duo et Pascal Bouaziz (Mendelson, Bruit Noir) pouvait mettre en musique « A la ligne », premier roman couronné de succès de Joseph Ponthus ? Plus qu’une simple mise en musique, ce disque né au départ d’une carte blanche live nous plonge dans la réalité terriblement concrète des « travailleurs de l’usine », qu’ils produisent « Le tofu » à en haïr les vegans ou sentent « A l’abattoir » le goût du sang dans leur bouche, à en donner des « Cauchemars »… Abrasif, percutant, sensible, édifiant : le rock avait presque oublié combien il pouvait être tout ça.

ZËRO / DESPENTES « Requiem des innocents »

Zëro Despentes - Requiem des innocents - visuel(18/04/2020 20/06/2020 – Ici d’Ailleurs / L’Autre Distribution)

Il eut été dommage de ne pas garder une trace de cette première collaboration entre Virginie Despentes et le trio lyonnais, tissant avec conviction un écrin tantôt bruitiste tantôt discret pour les mots de Louis Calaferte, portés depuis 2015 sur bien des scènes par celle qui, laissant ici la plume, se fait actrice et conteuse avec tout autant de talent.

 

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GONTARD « Le sismographe » feat. LA FELINE – 45T

SIMPLE (GD17-001).indd (18/04/2020 20/06/2020 45t – 15/05/2020 numérique – Petrol Chips / Ici d’ailleurs)

A l’occasion du Disquaire Day, Gontard tombe de plus en plus le masque. Si la litanie de Néon prolonge la hargne jubilatoire du dernier album 2029, on y avait découvert un côté plus intime, magnifié ici par l’émotion simple du Sismographe où sa voix se mêle à un autre talent à part de la chanson française. Déjà pas malhabile, Gontard fais montre ici d’une « nouvelle adresse », non plus seulement pour nous interpeller, mais pour nous émouvoir.

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DAVID CHALMIN « Continuum » EP

DavidChalmin_ContinuumEP_visuel(06/05/2020 – Ici d’Ailleurs / Pschent)

Complice de Matt Elliott depuis quelques temps côté solo comme pour The Third Eye Foundation, le multi-instrumentiste et ingé son possède un impressionnant palmarès de collaboration (de Shannon Wright à Thom Yorke en passant par Efterklang, Orchard ou Angélique Ionatos). Il sort un peu de l’ombre pour donner une suite à son album « La terre invisible » sorti l’an dernier, empruntant pour le morceau titre le nom d’une pièce de Ligeti, sans doute un des pères de cette branche de l’electro allant d’Autechre à Squarepusher en passant par Chapelier Fou. Emmenant l’auditeur d’un sentiment à un autre, ne résolvant un mystère que pour en épaissir un autre, il sait rendre ses machines aussi organiques que minérales. Bon voyage…

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MATT ELLIOTT « Farewell To All We Know »

MattElliott_FarewellToAllWeKnow_visuel(27/03/2020 numérique – 22/05/2020 physique – Ici d’Ailleurs / L’Autre Distribution)

Voici sans doute l’album qu’on attendait dans la discographie du Bristolien (et Lorrain de longue date) à l’étonnante carrière, entre le dark-trip-hop de son projet d’origine The Third Eye Foundation et les albums alt-folk  sous son nom (dont la richesse a été largement soulignée en live, revisités en compagnie de Vacarme en 2019). Avec l’aide de David Chalmin producteur désormais attitré, Matt entre ici un peu plus dans la cour des grands, Bill Callahan voire Leonard Cohen. Enrichi du violoncelle de Gaspar Claus et de la basse de Jeff Hallam, son propos n’a pourtant jamais été aussi épuré. Pris entre la peur du lendemain et l’espoir (entre The Day After That et The Worst Is Over), c’est celui d’un ami désormais de longue date qui, sans toujours nous épargner comme le font les vrais amis, chemine toujours à nos côtés.

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