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FOREST POOKY « Violets are Red, Roses are Blue and Dichotomy »

(17/03/2023 – Kicking Records / PIAS)

Après une enfance aux USA (comme ses grands frères d’Uncommonmenfrommars), Forest Pooky a passé son adolescence en Ardèche. S’il a depuis emménagé à Lyon, promené son « folk-punk » en solo sur plusieurs continents pour plus de 1000 concerts et publié quelques splits EP et autres recueils de reprise, c’est ici seulement son 2e album. Il le défendra sur scène en quartet. Du moins tant qu’il y prendra du plaisir, ce qu’il raconte sur le premier single If I Get Sick of It (et son clip sur le mode « que faire d’autre ? »), juste ce qu’il faut d’anachronisme pop dans les chœurs et les guitares gorgées d’accords majeurs pour mettre un peu de soleil. Il sait aussi se faire plus tendre et un peu crooner sur Voice of Silence, Jojo ou Fog voire Crazy Heart, sans pour autant délaisser l’énergie (The Ceiling and the Floor, What You Gonna Do), mais souvent simple et pop (Wallflower, I Know What Love Is). Chaleureux et attachant.

LEVITATION FREE « When Your Sun Goes Down » ep

(20/01/2023 – Chapelle Prod / Kuroneko)

Sébastien Jamet a bourlingué un peu partout avant de revenir se poser du côté de St Brieuc. Au cours d’un de ses voyages, il est bénévole pour aider des paraplégiques à plonger : la sensation de liberté retrouvée en apesanteur par ces derniers inspirera sa musique et le nom de son groupe, Levitation Free. Face à la violence du monde illustrée par le superbe clip du 1er single When Your Sun Goes Down, il répond à sa manière avec un message d’espoir en forme de dream pop, essentiellement anglophone et sous influence Tame Impala certes, mais pas seulement. En témoignent entre autres le francophone Alessandrie ou l’entêtant Can’t Be Losing You. Prometteur.

KAS PRODUCT « Tribute »

(18/11/2022 – Pussy Disc – IDO Productions / L’Autre Distribution)

Avant de remonter sur scène avec Thomas Bouetel aux machines et l’ex-bassiste de Marc Seberg Pierre Corneau sous le nom de KaS Product Reload, Mona Soyoc publie ce qui n’est ni un best of ni un tribute à son complice Spatsz, disparu en 2019, mais un hommage à travers 18 titres parcourant leur discographie, du début des années 80 jusqu’à des inédits qui sortent également en 45 tours sous le nom Indoor Lyfe, à savoir une version revisitée d’Above, ainsi que Foreign Land, Miracles, Taste Eternity et Doors. Un héritage, mais bien vivace.

IN MY HEAD « Summer Is A Killer »

(11/11/2022 – Noko / Modulor)

Un premier album mais un groupe qui a pour ainsi dire commencé il y a 25 ans, le temps pour Nicolas Cuinier (Gogo Charlton…) d’amener à maturité des chansons empruntes de sa grosse culture pop 90s, faussement fragiles mais vraiment attachantes. Tandis que Spirit On la plus ancienne (et premier single distillé quelques mois avant) s’inspire assez ouvertement de Superchunk, on entendra façon plus diffuse des influences allant de Cure à REM en passant par The Wedding Present, Daniel Johnston ou les Charlatans au gré de titres alternant accords plutôt majeur (Manage Somehow, I’m Getting Bored, Too Much of a Girl) ou plutôt mineurs (Is This Really Pleasant ?, Almost Four, A Promise of Nothing, Break-up Song), au gré logiquement des aléas de la relation amoureuse qui les a inspirées…

JOHN GREAVES « Zones »

(28/10/2022 – Signature / Outhere Distribution)

Après ceux de Verlaine il y a quelques années, John Greaves se penche désormais sur les mots d’Apollinaire (Alcools), parfois en Anglais dans la traduction de Samuel Beckett, souvent en Français avec tantôt son accent so british, tantôt la voix profonde de Bertrand Belin appelant La Loreley. Il retrouve aussi d’autres complices comme Olivier Mellano aux guitares, Jeanne Added au chant sur l’introductif Fête (il a cosigné des textes de son nouvel album), ou Himiko Paganotti tout aussi aérienne sur le premier extrait Mutation. Grisant.

31e édition des ROCKOMOTIVES de VENDÔME

(22 au 29/10/2022 – Vendôme / 41)

Le « plus petit des grands festivals » tient son cap avec une programmation croisant les styles, les âges, les origines, et dans un environnement où convivialité ne rime ni avec Espace VIP ni avec ‘golden pit’. A voir cette année entre autres : The Liminanas, Cœur de Pirate, Fishbach, EZ3kiel, Jaques, Alain Damasio & Yan Péchin, Cabadzi, le « supergroupe » Mid Band avec les plus fines gâchettes musicales de la région, Star Feminine Band, Herman Dune, BRNS, Mule Jenny ou encore les suisses Honey For Petzi. 

LA FELINE « Tarbes »

(14/10/2022 – Kwaidan Records / Kuroneko)

Après le spatial et acclamé Vie future, retour sur terre et même sur ses terres pour Agnès Gayraud aka La Féline, avec un nouvel album portant le nom d’Une ville moyenne de province où elle a grandi. De la chanson nourrie de multiples influences allant du rock à la trap, qu’elle défendra sur scène en quartet. Des rendez-vous et des promesses (Place de Verdun), des mises en garde (Va pas sur les quais de l’Adour), des espoirs (Dancing), la musique si importante déjà (Je dansais allongée) : étendant encore le vaste territoire de La panthère des Pyrénées, affirmant avec brio son statut d’artiste qui compte dans un monde trop balisé, La Féline nous entraîne sur des chemins qui n’appartiennent qu’à elle.


VADIM VERNAY « Hang Tight »

(14/10/2022 – La Mais°n / Kuroneko)

A l’instar d’un Matt Elliott, le picard Vadim Vernay a emprunté un chemin à contre-courant, partant des machines et de l’electro 100% instrumental pour aboutir aujourd’hui à une proposition où le folk de songwriter le plus épuré (Bad Land Alley, That Curse…) se mêle à l’énergie noire et contenue d’un post-rock habité (How) ou de formats plus pop faisant plus (Your Smile) ou moins (Gallows Tree) entrer la lumière. Le tout hanté par nombre d’ombres féminines (Lucky Enough, Quick Sands), de celles qui aident à tenir bon…

LENT « Au galop »

(30/09/2022 – Tricollection – Araki Records / Musea)

Ces Orléanais venus du jazz nous entraînent à leur rythme (Lentement mais au galop !) sur une terra incognita qu’on placera tout de même sur le continent du rock, sur un point culminant accessible par un chemin escarpé fait des cassures rythmiques et de textes roboratifs en français, duquel on aperçoit autant Katerine que les Stooges, Zappa que La Rumeur, Anne Sylvestre que Robert Wyatt. On passe ainsi avec aisance de textes premier degré ascendant con-con à des tableaux bien plus abstraits, jouant à Bière-Feuille-Ciseaux avec le pilier de comptoir du coin, échappant aux écrans omniprésents des Selfie de toi par de salutaires Fuites Cathodiques, à coup de valse un peu boiteuse (Horizon fantôme) ou d’envolées plus éthérées (Au milieu du chant des oiseaux). On perd souvent ses repères mais c’est justement ça qui est bon !

THE YOUNG GODS play Terry Riley « In C »

(09/09/2022 – Two Gentlemen / Kuroneko)

Les légendes Suisses élargissent encore un peu leur vaste territoire en proposant leur interprétation d’une des pièces majeures du répertoire contemporain, œuvre d’un des fondateurs du minimalisme et des musiques répétitives, le californien Terry Riley. Cinquante trois mesures que chaque musicien visite dans l’ordre mais à sa convenance, faisant de In C une œuvre à chaque fois différente. En ayant pu glaner des sonorités originales dans la caverne d’Ali Baba du SMEM (musée Suisse des synthés), Bernard Trontin (s’accordant ce qu’il faut de liberté à la batterie), Cesare Pizzi et Franz Treichler font de cette expérience, où leur cohésion et leur complicité se révèle encore, un hypnotisant pas de côté.