La 29e édition des (mythiques ?!?) Rockos aura lieu sur la deuxième quinzaine d’octobre (toujours sous réserve de bien entendu), en version reconfigurée (un concert par lieu) d’un week-end à l’autre en allant crescendo. Même réduite, le très accueillant festival vendômois propose comme toujours une programmation exigeante mais accessible, avec entre autres Bertrand Belin, Squid, Jay Jay Johanson, Ausgang, Lesneu…
« Le petit rêve candide de quatre chanteurs » : telle est la façon dont son leader Pascal Caumont présente avec humilité le nouvel album de cette formation de référence des polyphonies occitanes, qu’il compose avec Bastien Zaoui (basse), Régis Latapie (mélodie) et Fabrice Lapeyrere (haute – également ingé son). « Jorn » comme jour, un nouveau jour, un chant d’espoir. Représentatif de leur set live, ce nouveau disque mélange avec aisance chants traditionnels et compositions originales, profane et sacré, airs des plaines et des sommets. Et si la plupart sont arythmiques ou du moins non pulsés, c’est pour nous conter avec un plaisir communicatif des histoires riches issues d’un patrimoine vivace, et qui savent suspendre le temps…
Prolongement du voyage initié par son album Vie future, ce nouvel EP tire son nom de la reprise d’une rareté de Pierre Vassiliu qui résonne fortement avec le propos à la fois tendre, inquiet et futuriste développée par La Féline. Aux côtés d’une paire d’interludes et de l’inédit Bot figurent aussi deux remixes signés du producteur Elegia (Effet de nuit) et du duo franco-chilien Nova Materia (Où est passée ton âme ?). La fusée d’Agnès Gayraud poursuit son parcours…
5e édition du festival orléanais dédié à l’émergence musicale, qui s’adapte à la situation en investissant (outre le Jardin de l’Evêché et la Salle de l’Institut) un nouveau lieu en plein air, le Campo Santo. Entourant les valeurs sûres Matt Elliott et Popof, c’est au total parmi 26 groupes et artistes de tous styles parmi lesquels qu’on dénichera certainement les perles de demain. A chacun de faire ses choix parmi entre autres Sages Comme des Sauvages, Pongo, Lucie Antunes, Structures, The Mauskovic Dance Band, Dombrance, Black Sea Dahu…
(24/04/2020 11/09/2020 – At(h)ome / Sony Music France)
La rencontre entre Jérôme Coudanne le leader de Deportivo et Robin Feix bassiste (et graphiste) de Louise Attaque. Vertige est né de l’envie d’un groupe sans pression, d’une « pop radicale » qui puisse casser un peu les moules et la routine, la spontanéité de formations comme Young Marble Giants en ligne de mire. A l’instar du single introductif Conduire, le duo propose des titres courts, nerveux, singuliers, qui tracent leur route avec un plaisir assumé.
Une « chanson française » capable d’aller chercher ce qu’il faut des musiques latines, mais avec subtilité, il fallait des belges pour faire ça. La bruxelloise Lisza signe de nouveau textes et musiques sur ce 2e album toujours arrangé et réalisé par Vincent Liben (ex-Mud Flow), et qui doit son nom à une sorte de petite guitare andine contribuant au côté entrainant de cet album à la douce mélancolie. Du tendre Daddy dédié à son grand-père aux évidences latines de Canta Querida ou Capitaine en passant par Les vacances à la montagne et les reproches de son entêtant refrain, Lisza ose une variété qui sait se faire facile d’accès sans rien céder de l’exigence indé.
Ecrit bien avant que le virus enferme la plupart des terriens chez eux, ce nouveau titre du breton préparant son retour évoque notre façon de voyager via les réseaux sociaux, habitude qui pour un temps au moins risque de devoir s’installer. Occasion aussi d’un superbe clip participatif, 5 continents de lieux exceptionnellement désertés…
(08/05/2020 numérique – 12/06/2020 physique – La Grange aux Belles / Modulor)
La simplicité de leur formule guitares sèches et voix a permis à Sammy Decoster et Fabien Guidollet (Verone) de parcourir une France essentiellement rurale avec des dizaines et des dizaines de concerts depuis la sorte de La maison sous les eaux, premier album largement salué. C’est comme une nuit d’été un peu étrange mais fascinante, vivifiante, dans la vérité d’un retour à la nature qui va bien au-delà de la simple posture. C’est en partie dans le palais du Facteur Cheval qu’ont été enregistrées ces chansons, avec l’aide de Jean-Baptiste Brunhes (Emily Loizeau, Bertrand Belin, Arthur H, Baum…). On retrouve les magnifiques Firmament et Avalon déjà découvertes en concert, on trouve sa place dans la simplicité d’un accueil sincère (Sous mon toit, Le village), on se promène de L’autre rive à La cime du cyprès… Il y a de la magie dans ce beau Chante-Nuit.
(01/05/2020 numérique – TBA physique – 30 Février / PIAS)
Si l’on pense à Fersen et Delerm en première écoute, c’est pourtant bien du côté belge de la frontière où se situe son village qu’habite Antoine, et cela se ressent. Une forme de désinvolture que seul le brio d’une plume alerte et sans complexe procure, dans un rôle de loser magnifique pour lequel nos voisins excellent bien souvent, comme il le démontre flanqué d’une fanfare aux arrangements malins sur « Le copain ».
Ingé son (Maud Lübeck, Brisa Roché…) ou sideman (Adam H), l’ex Hurleurs Jean-Charles Versari retrouve avec un appétit d’ogre ses deux complices Laureline Prod’homme et Cyril Bilbeaud (Zone Libre, Sloy). Il n’y a qu’eux qui osent un rock aussi sombre, puissant sans être lourd et… francophone. Cela pourrait nous sembler incongru ici (surtout quand on sait que Jean-Charles est bilingue), mais commence à leur ouvrir des portes à l’étranger, tandis qu’Adrian Utley (Portishead) renouvelle sa complicité avec le trio en l’appuyant de ses guitares. Sans compromis, même si les atours pop du premier single Des images constituent une porte d’entrée dans ce monde sombre et inquiétant mais chaud, comme ça doit l’être… sous la peau.