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TUE-LOUP « La peau des arbres »

(05/02/2021 – La Lézarde / L’Autre Distribution)

A lui tout seul le titre du 12e album de la formation sarthoise en dit long sur la beauté du verbe de son leader Xavier Plumas, qui s’illustre encore ici par sa métrique hors pair (Les beaux jours). Mais ce serait oublier qu’il est aussi un fin mélodiste, comme en témoigne le premier single Mayol (désignant une femme et non un plongeur !). Il s’essaie aussi sans complexe à l’anglais, entre autres pour une reprise étonnante de Black Is The Color Of My True Love’s Hair avec l’appui vocal gorgé de soul d’Astrid Veigne, la nièce du bassiste Eric Doboka. Avec l’excellent batteur Alex Berton (déjà convaincant en live, présent sur album pour la première fois), il dresse l’écrin idéal pour le sax d’un autre invité (Cédric Thimon), et bien sûr pour les guitares malignes de Thierry Plouze, qui font tant pour le son Tue-Loup. On suivra volontiers sur les bords de Siagne l’une des plus admirables formations du folk-rock d’ici, vieux chêne rassurant qui sait que le temps joue pour lui.

EMMANUEL TUGNY & JOHN GREAVES « Les molécules fidèles »

(22/01/2021 – Boom Records / Inouïe Distribution)

Le maloin Tugny termine son triptyque consacré à la poésie en puisant cette fois chez Théophile Gautier, aidé en cela par son ami John Greaves et ce sur une base simple : l’un chante sur les compositions de l’autre, et vice versa. Préciosité parnassienne, acidité dandy et candeur érotique de l’une des plus grandes plumes françaises du XIXe sont là cette fois pour explorer (après le corps chez Corbière et l’âme chez Scève) la question de l’âme.

LEOPOLDINE HH « Là ! Lumière particulière »

(15/01/2021 – Eh Ouais Mec Prod / Modulor)

Après avoir remporté entre autres le prix George Moustaki en 2017, l’alsacienne (désormais parisienne) Léopoldine HH et ses deux complices Michel Gilet et Charly Chanteur se sont taillé une solide réputation en jouant longtemps les titres de leur premier album, où figuraient déjà quelques chansons de Gildas Milin. L’auteur a invité la chanteuse à venir puiser chez lui matière textuelle et musicale qui forme finalement tout ce deuxième album, disque serein en un temps incertain. Il navigue sans complexe de l’onirique premier single Psychotropique à la pochade rock Je dis non en passant par la douce comptine Je t’ai vu, le surprenant disco Ce que tu cherches, ou la fausse et poignante légèreté d’Où vont les sons ? Bonne question d’ailleurs. Dans les oreilles et dans les cœurs on l’espère, et pour les yeux : lumière particulière.