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FULBERT « Les anges nomades »

(28/08/2026 – La Lézarde / L’Autre Distribution)

Après plusieurs albums sous son nom, Xavier Plumas (Tue-Loup) réactive le groupe qu’il formait déjà avec le batteur Cyril Bilbeaud (Sloy, Zone Libre, Versari…). Ils reçoivent cette fois le renfort du saxophoniste vendômois Pierre Lambla et de la chanteuse congolaise Doctrovée Bansimba, à qui l’ont doit les visuels de cet album, et qui co-signe également le saisissant second single Lombo, l’aventureux Arrosoirs, et D’écume Maleka dont la chaleureuse torpeur est gagnée par la fièvre. Un disque de chanson (parfois anglophones quand sont évoqués des souvenirs californiens), mais profondément nourri d’un jazz souvent free qui sait où sont ses racines, mais où les fans de la plume délicieusement vénéneuse de Plumas trouveront leurs repères dans le premier single La vie sauvage, la douceur de l’ouverture printanière du disque (Les grandes écorces), et goûteront aussi la sompteuse et lumineuse reprise forcément hivernale de La neige est blanche (Manset). Une sorte de disque-voyage entre les saisons, traversé par un véritable vent de liberté.

THE REED CONSERVATION SOCIETY« Sing a Song That Never Ends »

(26/06/2026 – La Basse Roche / Inouïe Distribution)

Après un premier album toujours pop mais francophone, retour à l’anglais des EP originels pour la formation parisienne, désormais quartet avec la pleine intégration de Cédric Bermond et Nicolas Pain aux côtés de Stéphane Auzenet et Mathieu Blanc. Titre d’album emprunté à Jeff Tweedy, influences de Pavement (pour le texte de Goldfish with Glitter Gleam ou du 1er single The Kruize), de Sufjan Stevens (If I Could Change Myself into Water, Whistle in the Tree), balade du côté de Twin Peaks (Bucky Jay) ou de la Nouvelle Orleans (All the Stars Fall Asleep), référence presque fantasmée à la culture américaine (Elvis has Left the Building) : les USA sont omniprésents. Et pourtant ce disque dresse des ponts entre les continents, comme Modesty of Heart inspiré des Kinks, ou Sainte Marine nous ramenant en Europe, tout au bout même. Rosie Brown et Berndt Rest de Brighton, ou encore Natasha Penot (vue au sein de The Apartments) viennent se joindre aux alliés habituels (dont Yann Arnaud aux manettes) pour ce disque réalisé en équipe et en famille, un disque aux arrangements et harmonies riches et pourtant simple d’accès. Une somptueuse nouvelle page dans la discographie de TRCS, dont I Wish You Were More Than an Affair nous laisse aussi deviner une prochaine étape à la production plus folk.

THE REED CONSERVATION SOCIETY single « The Kruize »

(28/04/2026 – La Basse Roche / Believe)

Marquant un retour à la langue anglaise des trois EP initiaux, le 2e album de la formation parisienne s’annonce avec ce premier extrait, où il est question de la propension qu’on peut avoir à se complaire dans des relations imparfaites. On y retrouve la classe des mélodies et des arrangements de TRCS, et le goût de Stéphane Auzenet pour construire des récits parfois un peu surréalistes (en clin d’œil à Pavement en l’espèce), aidé ici par la voix de Natasha Penot (vue récemment au sein de The Appartments entre autres), et servi par les somptueux paysages du clip réalisé (comme Pylônes) par Elon Cattan. On vous embarque !

HANKY XX « Under A Western Sky »

(07/11/2025 – ZRP / Kuroneko)

Deux figures de la scène rennaise ou du moins bretonne se réunissent autour de leur amour pour la country music, James Eleganz (ex-Success) et Goulven Hamel (The Celtic Social Club, ex-Santa Cruz, vu aux côtés de Miossec, de Daho bientôt). Un style musical qu’ils n’hésitent pas à malmener un peu sur ce premier album où l’on suit deux personnages féminins, qui ne font peut-être qu’un : Camilla empruntée au Ask the Dust de John Fante, et Rebekah Hartness, celle-là même qui inspira à Taylor Swift The Last Great American Dynasty, étonnant premier single du duo. Un road trip parfois nocturne (Moonlight is a Full Light), jouant avec les codes à coup de samples étranges (Pearls & Furs), toujours au bord de la folie dont on prend conscience (The Devil Inside), avant que nos héroïnes ne disparaissent dans la brume (The Flying Dutchman, Gone With The Wind). Cet accès de folie sans doute passagère pourrait bien laisser des traces…

BRIEG GUERVENO « Un noz a vo »

(16/05/2025 – ZRP / Kuroneko)

Les éventuels a priori sur l’idée d’un album de folk en Breton seront vite balayés à l’écoute de ce disque, qui parachève le virage entamé par l’artiste avec son précédent album. Dans sa langue paternelle, il évoque avec pudeur la tempête qui a soufflé sur sa vie (Ar Barr Avel), l’impression d’être « passé à côté » (Hebiou Din) n’empêchant nullement l’espoir, au contraire, pourvu qu’on ne craigne plus l’embrasement de son cœur (magnifique Kalon flamm) et  les pages qui se tournent ensuite. Nourri de lectures (Jón Kalman Stefánsson, Emily Brontë), ce disque enregistré au Pays Basque est le premier du Costarmoricain à parler d’amour, débarrassé de la peur de la perte (Piv ‘vin), tourné vers la nature, conscient que nous finirons en poussière (Poultrenn), remarquable de maîtrise et de sérénité. TTT Télérama

MATT ELLIOTT « Drinking Songs Live 20 Years On »

(08/11/2024 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Depuis qu’il tourne dans toute l’Europe et même au-delà, le désormais franco-anglais a quasi toujours puisé dans les titres de son disque le plus emblématique, Drinking Songs.  De sa voix profonde appuyée par sa guitare acoustique et désormais son saxophone, c’est en trio avec la pianiste Barbara Dang et la contrebassiste Anne-Elisabeth De Cologne (souvent à ses côtés dans les mois qui viennent) qu’il a choisi de revisiter en live cet album clé. Un voyage à travers les recoins les plus inaccessibles de l’âme, une fenêtre ouverte sur des moments de douleur, de nostalgie et de réflexion. Si quelques titres n’ont besoin que de 4 ou 5 minutes pour nous emporter (What’s Wrong, What The Fuck Am I Doing On This Battlefield ?A Waste Of Blood), le trio étire aussi délicieusement que douloureusement le poignant naufrage du Kursk, ou enchaine comme parfois en concert deux titres pour les emmener au-delà du quart d’heure (C.F Bundy / Trying To Explain, The Guilty Party / Also Ran). Hors format peut-être, ce disque est surtout l’occasion de découvrir, ou redécouvrir comme si c’était la première fois, un artiste et un album hors normes.