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DÉÉFAIT 1er album

(02/10/2026 – Ici d’ailleurs / Kuroneko)

Un EP paru fin 2025 et quelques concerts fiévreux ont suffi à faire du quintet parisien au nom étrange (et venu de son chanteur mexicain Ric Lara) une des formations les plus attendues au tournant, au moins dans un cercle disons noise/psyché. Enregistré au Black Box Studio par Peter Deimel et mixé par un des fondateurs du collectif Mancunien Gnod, ce premier long format de nouveau dépourvu de nom affirme la singularité de la formation. Le chant parfois psalmodié et évoluant dans plusieurs langues est surtout une matière sonore même si l’on peut y trouver des références autant sexuelles que religieuses (I Promise to Divide You le premier single, Satan’s Brew et son délicieux enfer en deuxième extrait). De l’atmosphère oppressante et moite de l’introductif Will More y Su Winston 100’s à la petite délivrance du DF final, on sera passé par certains repères déjà entendus en concert (2440) et quelques riffs obsédants à la hauteur de titres qui sonnent comme des promesses ou des invectives (Fissure, fôlatre, crie!). Finir sens dessus-dessous, voilà tout un programme dont la puissance n’a encore pas montré ses limites, au point qu’on se demande si ses artisans n’en sont pas eux-mêmes les jouets. Et c’est tant mieux.

ROMANCE « Promis ce soir »

(18/09/2026 – ZRP / Kuroneko)

Le quintet parisien (et un peu rennais par son chanteur) signe un premier album séduisant qui puise à différentes sources de ce que le rock et le punk ont fait de mieux en France et un peu ailleurs. Punk sauf que ça joue. Crétin par choix parfois, malin par nature souvent. Léger et tourmenté à la fois. Facile d’accès presque trop, mais riche parce que construit sur une belle culture pop. Chronique d’un passage à de l’enfance à l’âge adulte, cet album réalisé par James Eleganz fait aussi bien dans le titre rock, immédiat, parfois survolté (Le net, D’la faute à moi, Je suis coupable…) que dans les chansons plus posées voire plus profondes mais souvent tout aussi entêtantes (Cigarettes & verveine, Mehari, Aventurier…). Et « promis ce soir » si vous allez les voir sur scène, vous passerez un très bon moment.

ROBIN FOSTER & DENEZ single « Vel un tourtan dismantret »

(10/07/2026 – Autoproduction / Roy Music)

Le deuxième invité du plus finistérien des compositeurs anglais pour son futur album Northwesterns n’est autre que Denez Prigent, que Robin accompagne d’ailleurs sur scène cet été de l’Interceltique au Motocultor. « Comme un phare abandonné » c’est le poignant gwerz (chant sacré breton) qui rencontre les guitares éthérées du post-rock cinématographique…

THE REED CONSERVATION SOCIETY« Sing a Song That Never Ends »

(26/06/2026 – La Basse Roche / Inouïe Distribution)

Après un premier album toujours pop mais francophone, retour à l’anglais des EP originels pour la formation parisienne, désormais quartet avec la pleine intégration de Cédric Bermond et Nicolas Pain aux côtés de Stéphane Auzenet et Mathieu Blanc. Titre d’album emprunté à Jeff Tweedy, influences de Pavement (pour le texte de Goldfish with Glitter Gleam ou du 1er single The Kruize), de Sufjan Stevens (If I Could Change Myself into Water, Whistle in the Tree), balade du côté de Twin Peaks (Bucky Jay) ou de la Nouvelle Orleans (All the Stars Fall Asleep), référence presque fantasmée à la culture américaine (Elvis has Left the Building) : les USA sont omniprésents. Et pourtant ce disque dresse des ponts entre les continents, comme Modesty of Heart inspiré des Kinks, ou Sainte Marine nous ramenant en Europe, tout au bout même. Rosie Brown et Berndt Rest de Brighton, ou encore Natasha Penot (vue au sein de The Apartments) viennent se joindre aux alliés habituels (dont Yann Arnaud aux manettes) pour ce disque réalisé en équipe et en famille, un disque aux arrangements et harmonies riches et pourtant simple d’accès. Une somptueuse nouvelle page dans la discographie de TRCS, dont I Wish You Were More Than an Affair nous laisse aussi deviner une prochaine étape à la production plus folk.

ROBIN FOSTER & BRIAN LOPEZ « The Neverender »

(05/06/2026 – Autoproduction / Roy Music)

Le compositeur anglais installé de longue date dans le Finistère sort un peu de ses habitudes instrumentales en invitant pour son prochain album Northwesterns une large palette d’amis musiciens, venant chanter sur ses titres en français, en breton, ou comme ici en anglais. Repéré au sein de Giant Sand, Brian Lopez pose ainsi sa voix habitée sur ce titre convoquant des fantômes des bouts du monde, qu’ils soient faits du sable de l’Arizona ou des embruns de l’Atlantique…

ROMANCE single « Le net »

(03/06/2026 – ZRP / Kuroneko)

Un peu jeune pour avoir connu le minitel ou même le modem 56k, le quintet parisien va pourtant puiser dans le bon vieux punk français 80s ce qu’il a de plus joyeusement primaire et défouloir avec ce vrai tube malin, drôle et immédiat. Ils le jouent en live depuis un moment, le public semble le connaître déjà par cœur, un signe non ?

ROMANCE single « Cigarettes et verveine »

(23/04/2026 – ZRP / Kuroneko)

Après la relative insouciance du premier extrait, le quintet parisien (et un peu rennais) dévoile une autre facette de son talent, un côté plus romantique, rock dans la forme mais peut-être un brin soul dans l’esprit. Une situation simple, celle du moment où on se prépare à sortir, se retrouver, à l’âge où l’on est parfois partagé entre l’envie de soirées folles et d’autres aspirations qui peuvent ressembler à une vie rangée. Et comme souvent, une bonne chanson c’est un bon titre.

LA CIGUË « La ache des chiens »

(03/04/2026 – Figures Libres Records / L’Autre Distribution)

Venus du rock et de la chanson en duo également (Toukan Toukan pour l’un à la batterie, Grande pour l’autre au chant et au violon), Etienne et Chloé abordent ici des rivages disons néotrad qu’on aurait tort de ranger hors des « musiques actuelle ». En puisant dans ses racines (berrichonnes en particulier), La Ciguë propose un « bal de mauvaises graines », un instant de communion et de rencontre bien sûr, mais aussi une tribune fiévreuse. Comme sur le premier single La rose et le rosier, valse sombre et troublante dont la métaphore florale dévoile en réalité l’histoire d’un amour interdit, brisé par la violence et la possession, ou sur Debout, hymne aux révoltes et aux lâchers-prise, et même poing levé sur Barbare. Mais ils ne s’interdisent pas quelques moments où le calme n’enlève rien à la tension et à l’intensité (Il pleut, L’île aux prières…). Empruntant son nom comme son titre à une plante sauvage et toxique qui pousse dans l’ombre des haies, La Ciguë  fait de la tradition une arme de résistance sonore.

ROMANCE « D’la faute à moi » single

(25/02/2026 – ZRP / Kuroneko)

Ce groupe parisien emmené par un leader aux racines rennaises a déjà été repéré sur scène, et proposera à la rentrée un premier album enregistré par son voisin de label James Eleganz. Sur une bande son puisant avec érudition ce qu’il faut d’élégance et de morgue dans une vaste palette dont l’étiquette dandy punk pourrait résumer la teneur, on y suivra le parcours d’un personnage abordant l’âge adulte. Dans ce premier single malin au refrain immédiat, il prend conscience de qui il est, de la différence de réussite en fonction des castes, et des règles du jeu que supposent ces inégalités…

DÉÉFAIT « Dééfait » EP

(12/12/2025 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Ce quintet parisien doit ce nom bizarre qui se prononce « défait » aux origines de son chanteur-vociféreur-chuchoteur Ric Lara : DF / Distrito Federal, autrement dit Mexico. En anglais, en espagnol et en français, il se pose sur un mur de guitares et de rythmiques inexorables, entre noise et psyché, pour une transe bruitiste qui captive de façon singulière. Révélé avant leur signature sur Ici d’ailleurs et alors qu’ils arpentaient les spots les plus pointus de la scène parisienne, le long Molokh∞ vénère on ne sait quelle divinité toxique, avant la découverte du premier single ouvrant le disque We Love Each Other So Much That We Won’t Belong to Any Species Anymore (tout un programme, rien moins qu’une invitation à une forme d’extase). Puis on se laissera entre autres entraîner dans un headbang jouant juste ce qu’il faut sur la frustration avec BondBondBond, comme on peinera à savoir si l’on est repu ou non avec Wow ! Ferreri Cooked For Us. Donnons déjà la réponse : quoique fort abouti, cet EP est là pour ouvrir l’appétit avant un album attendu en 2026, et des prestations live habitées.