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HANKY XX « Under A Western Sky »

(07/11/2025 – ZRP / Kuroneko)

Deux figures de la scène rennaise ou du moins bretonne se réunissent autour de leur amour pour la country music, James Eleganz (ex-Success) et Goulven Hamel (The Celtic Social Club, ex-Santa Cruz, vu aux côtés de Miossec, de Daho bientôt). Un style musical qu’ils n’hésitent pas à malmener un peu sur ce premier album où l’on suit deux personnages féminins, qui ne font peut-être qu’un : Camilla empruntée au Ask the Dust de John Fante, et Rebekah Hartness, celle-là même qui inspira à Taylor Swift The Last Great American Dynasty, étonnant premier single du duo. Un road trip parfois nocturne (Moonlight is a Full Light), jouant avec les codes à coup de samples étranges (Pearls & Furs), toujours au bord de la folie dont on prend conscience (The Devil Inside), avant que nos héroïnes ne disparaissent dans la brume (The Flying Dutchman, Gone With The Wind). Cet accès de folie sans doute passagère pourrait bien laisser des traces…

ARNAUD FOURNIER « 100 % Black Puzzle »

(17/10/2025 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Ce premier album emprunte son nom à son titre d’ouverture, écho du 100 % White Puzzle figurant sur le premier album de Hint, paru il y a tout juste 30 ans. Une formation singulière au croisement des styles (noise, expé, indie) avec sax et trompette s’immisçant au milieu des guitares et des drones électroniques, duo toujours actif dont est issu Arnaud Fournier, qui vient par ailleurs de quitter La Phaze. Son complice de Hint Hervé Thomas compte d’ailleurs parmi les invités pour Shinny Ribirth premier titre enregistré depuis leurs albums de la fin des 90s, mais au casting figurent aussi Frédéric D. Oberland (Oiseaux-Tempêtes) sur le long duel amical de Miroirs, et Herman Düne sur le superbe single It’s the Leaving That’ll Kill You. Des ambiances souvent sombres mais traversées d’éclairs, ceux des rencontres ou des amitiés retrouvées…

MARION RUSZNIEWSKI & DORIS LE MAT-THIEULEN « Doing it to Death » livre

(13/10/2025 – autoédité)

Photographe pour Rock & Folk, Marion Ruszniewski était au Bataclan un funeste 13 novembre 2015, elle y fut blessée. Mais elle y est retournée dès qu’elle a pu, pour continuer d’y capturer des moments uniques, la décennie après comme la décennie avant. Dans l’écrin offert par les textes de son amie Doris Le Mat-Thieulen et la préface de Philippe Manœuvre, on croisera ainsi The Kills (à qui est emprunté le titre de l’ouvrage), PJ Harvey, Orelsan, dEUS, jusqu’à Kevin Morby et Léonie Pernet en passant par The Flaming Lips ou Beth Ditto. « Parce que la musique ne s’est jamais tue. Parce que la passion ne se laisse pas voler »…

PUTS MARIE « Pigeons, Politicians & Pinups at the End Time of Mankind  »

(26/09/2025 – Autoproduction / Inouïe Distribution)

Dans la pénombre de cette fin du monde, ou du moins de l’humanité, le groupe suisse mené par le charismatique Max Usata déploie lentement mais avec une intensité permanente ses histoires de marathonien pieds nus (Long Distance Runner), de colombophile sur les toits de NY (Bird Breeding Man), d’employés de bureau embourbés dans leur médiocrité et tentant de donner le change (A Con Man Goes Around) ou de trouver un sens (Ciccolina & the Clerks). Poursuivant sa trajectoire singulière, Puts Marie explore encore d’autres formes, la mélancolie jamais très loin, faisant surgir du sombre et du glauque une beauté sans pareille. TTT Télérama

ZËRO « Never Ending Rodeo »

(19/09/2025 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Six ans après la sortie de Ain’t That Mayhem, le groupe lyonnais revient avec Never Ending Rodeo : un dérapage contrôlé à travers les frontières du post-punk, de la noise et du psyché. Eric Aldéa (guitare, voix), Franck Laurino (drums), Ivan Chiossone (persephone, synthés), et désormais Varou Jan (guitare, basse) n’ont rien perdu de leur tranchant. Les années passées sur scène avec Virginie Despentes et Béatrice Dalle, dans ces lectures sonores de Calaferte ou Pasolini, ont laissé des traces. Zëro s’empare désormais du son comme d’un langage scénique : les morceaux deviennent des séquences, des plans, des gestes. Chacun pourrait exploser, mais aucun ne le fait véritablement. Tout est dit, mais rien n’est clos. Un rodéo sans fin…

JUR single « Forte »

(10/07/2025 – CridaCompany / L’Autre Distribution)

Mené par la chanteuse d’origine espagnole qui lui a donné son nom, le groupe basé dans le Tarn annonce un album centré sur son village, Vaour. Peuplé de femmes qui, comme la jeune maman remise de la tumeur au cerveau qui avait failli l’emporter à l’époque de l’album Sangria, affrontent petites et grandes épreuves, avec force.

MELAINE DALIBERT & DAVID SYLVIAN « Vermilion Hours »

(27/06/2025 – Mind Travels – Ici d’Ailleurs / L’Autre Distribution)

David Sylvian avait déjà signé les visuels voire les mixages d’albums de Melaine Dalibert dont Musique pour le lever du jour, mais l’ex-Japan permet ici au pianiste de rejoindre la prestigieuse liste de ses collaborations musicales (où figurent Robert Fripp ou Ryuichi Sakamoto entre autres). Aux pièces du compositeur désormais habitué de la collection Mind Travels qui se déploient avec patience et finesse comme leur nom l’indique (la seconde est Arabesque), le Britannique offre un subtil écrin électronique, appliquant aux procédés d’écriture rationnels voire cliniques du Rennais une transformation paradoxalement très organique voire baroque. Pour un temps de contemplation qui agit comme une cure de jouvence…

THE YOUNG GODS « Appear Disappear »

(13/06/2025 – Two Gentlemen / Bigwax)

Le plus grand groupe Suisse est de retour, et après la superbe parenthèse In C (Terry Riley) ils voulaient « quelque chose de plus brut » affirme leur leader Franz Treichler. Alors avec ses complices Bernard Trontin et Cesare Pizzi (pionnier du sampling sur les premiers albums), il n’hésite pas à faire rugir la (vraie) guitare, parce qu’il « s’agit toujours de briser la formule ». L’album est à la fois très personnel pour Franz puisqu’il a été affecté par la disparition de son épouse, mais aussi très politique (déplorant la situation à Gaza ou la guerre des drones). Après l’énergie sombre de l’éponyme premier single Appear Disappear, on plongera dans les rythmiques entêtantes de Systemized, puis on retrouvera l’aisance habituelle des Helvètes pour faire quelques belles incursions en français (Hey amour, Mes yeux de tous), jouant habilement sur les mots quelle que soit la langue (Tu en ami du temps, Blue Me Away). Fêtant leurs 40 ans de carrière avec ce disque et une tournée dans toute l’Europe, les Gods ne sont manifestement pas prêts d’être Off the Radar.

BRIEG GUERVENO « Un noz a vo »

(16/05/2025 – ZRP / Kuroneko)

Les éventuels a priori sur l’idée d’un album de folk en Breton seront vite balayés à l’écoute de ce disque, qui parachève le virage entamé par l’artiste avec son précédent album. Dans sa langue paternelle, il évoque avec pudeur la tempête qui a soufflé sur sa vie (Ar Barr Avel), l’impression d’être « passé à côté » (Hebiou Din) n’empêchant nullement l’espoir, au contraire, pourvu qu’on ne craigne plus l’embrasement de son cœur (magnifique Kalon flamm) et  les pages qui se tournent ensuite. Nourri de lectures (Jón Kalman Stefánsson, Emily Brontë), ce disque enregistré au Pays Basque est le premier du Costarmoricain à parler d’amour, débarrassé de la peur de la perte (Piv ‘vin), tourné vers la nature, conscient que nous finirons en poussière (Poultrenn), remarquable de maîtrise et de sérénité. TTT Télérama

MAUVAIS SANG « La faune »

(09/05/2025 – Dagaanda / The Orchard)

Suite du diptyque entamé l’an dernier avec l’EP La flore dont il partage certains titres (Modèle, Nuit venin…), le second album du groupe savoyard disséminé entre Genève, Londres, Lyon et Paris continue de prendre des risques et de creuser sa belle singularité. Celle d’un chant en français pour une musique tour à tour abrasive et aérienne (comme Nouvelle ère son premier extrait), d’un propos sachant mêler l’intime et l’universel au milieu d’un monde en mutation, observant une humanité comme figée Sur la plage et qui feint d’ignorer le danger tout proche (La danse du feu). Celui aussi d’être des jeunes gens pas encore trentenaires et pourtant déjà tournés vers ceux qui suivront (et survivront ?) : hypnotique L’enfant, vertigineux Loin