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ROMANCE « Promis ce soir »

(18/09/2026 – ZRP / Kuroneko)

Le quintet parisien (et un peu rennais par son chanteur) signe un premier album séduisant qui puise à différentes sources de ce que le rock et le punk ont fait de mieux en France et un peu ailleurs. Punk sauf que ça joue. Crétin par choix parfois, malin par nature souvent. Léger et tourmenté à la fois. Facile d’accès presque trop, mais riche parce que construit sur une belle culture pop. Chronique d’un passage à de l’enfance à l’âge adulte, cet album réalisé par James Eleganz fait aussi bien dans le titre rock, immédiat, parfois survolté (Le net, D’la faute à moi, Je suis coupable…) que dans les chansons plus posées voire plus profondes mais souvent tout aussi entêtantes (Cigarettes & verveine, Mehari, Aventurier…). Et « promis ce soir » si vous allez les voir sur scène, vous passerez un très bon moment.

FULBERT « Les anges nomades »

(28/08/2026 – La Lézarde / L’Autre Distribution)

Après plusieurs albums sous son nom, Xavier Plumas (Tue-Loup) réactive le groupe qu’il formait déjà avec le batteur Cyril Bilbeaud (Sloy, Zone Libre, Versari…). Ils reçoivent cette fois le renfort du saxophoniste vendômois Pierre Lambla et de la chanteuse congolaise Doctrovée Bansimba, à qui l’ont doit les visuels de cet album, et qui co-signe également le saisissant second single Lombo, l’aventureux Arrosoirs, et D’écume Maleka dont la chaleureuse torpeur est gagnée par la fièvre. Un disque de chanson (parfois anglophones quand sont évoqués des souvenirs californiens), mais profondément nourri d’un jazz souvent free qui sait où sont ses racines, mais où les fans de la plume délicieusement vénéneuse de Plumas trouveront leurs repères dans le premier single La vie sauvage, la douceur de l’ouverture printanière du disque (Les grandes écorces), et goûteront aussi la sompteuse et lumineuse reprise forcément hivernale de La neige est blanche (Manset). Une sorte de disque-voyage entre les saisons, traversé par un véritable vent de liberté.

ÉRIC NEVEUX « La Messagerie – EP03 »

ÉRIC NEVEUX « La Messagerie – EP03 » avec TROPIC HOTEL, ARTHUR SIMONINI, et RUBIN STEINER & MrNEVEUX (17/07/2026 – Tuba / IDOL)

Suite des des étonnantes relectures que les invités d’Éric Neveux ont fait de son thème Le répondeur avec ce EP03 emmené cette fois par un superbe single en français, Sur ton répondeur, signé Tropic Hotel, un duo (comme Gainsbourg Birkin ou Chagrin d’Amour) où figure l’ex Hyperclean Frédéric Jean. Avec aussi une paire de relectures instrumentales, épique pour Interférences signé du compositeur et arrangeur Arthur Simonini, un peu surf pour Votre messagerie est saturée avec le vieux complice Rubin Steiner.

ROMANCE single « Le net »

(03/06/2026 – ZRP / Kuroneko)

Un peu jeune pour avoir connu le minitel ou même le modem 56k, le quintet parisien va pourtant puiser dans le bon vieux punk français 80s ce qu’il a de plus joyeusement primaire et défouloir avec ce vrai tube malin, drôle et immédiat. Ils le jouent en live depuis un moment, le public semble le connaître déjà par cœur, un signe non ?

FULBERT single « La vie sauvage »

(02/06/2026 – La Lézarde / L’Autre Distribution)

Xavier Plumas réactive le groupe avec lequel il s’était déjà échappé une première fois de Tue-Loup, bien avant ses albums solo, et déjà en compagnie du batteur Cyril Bilbeaud (Sloy, Versari, Zone Libre). Même si l’on garde en repère l’écriture venéneuse et le jeu de guitare du Sarthois avec ce premier single, on découvre l’apport du sax de Pierre Lambla et de la voix de Doctrovée Bansimba (qui signe aussi les visuels), annonçant un disque-voyage, plus libre que jamais.

JÉRÔME MINIÈRE single « Hikikomori » feat. POIRIER

(28/05/2026 – Objet Disque / Happy Life)

Après Pensées sans calculs, le franco-québécois se penche sur un phénomène identifié au Japon dans les années 70/80 et qui a pris de l’ampleur lors de la pandémie de Covid : se couper du monde, s’enfermer chez soi, s’isoler volontairement. Le texte, implacable et imagé, est comme toujours chez Jérôme Minière, d’une grande acuité. On y retrouve l’universel de nos solitudes contemporaines, le rapport particulier à l’isolement qu’ont nos existences depuis cette période particulière, encadrées par les écrans, verrouillées en silo par les algorithmes. Le franco-québécois retrouve son complice Poirier pour concocter ce blues nocturne et électronique, à la fois triste et dansant comme chez un Stromae un peu fragile. Et qui agit comme un antidépresseur…

ORWELL « Composite »

(15/05/2026 – Picture Disque / Inouïe Distribution)

Après l’incartade Son Parapluie qui l’avait mené jusqu’aux Trans, et le pas de côté constitué par des reprises de Simple Minds à la sauce Orwell, Jérôme Didelot et ses complices reviennent aux recettes qui ont fait de leur formation une valeur sûre et de plus en plus reconnue de l’indie-pop à la française. Saine maladie que cette Composite qui donne le nom à cet album protéïforme (et à un bel instru) passant en revue ce qui fait la marque d’Orwell : exigence mélodique, richesse des arrangements, textes essentiellement francophones aux thématiques universelles cachées derrière des formules cryptiques. Ainsi pour l’appendice italophone du premier single Tout jusqu’au bout (Soltanto), hymne à la persévérance (auquel Chercher sans relâche ou l’incartade anglophone Long is the Race font écho), ou l’étrange formulation de l’entêtant Tellement sans. Si les mélodies sont limpides, le sens est parfois retors : Tout n’arrive qu’à moi ne s’autorise ainsi un « je » autocentré que pour raconter avec humilité (mais en accords majeurs) combien chaque existence ne peut se nourrir que de son propre ressenti. Et si un brin de mélancolie ou de saudade à la sauce lorraine (!) s’entend sur certains titres (Si le sol se dérobe, Plus au sud), c’est surtout l’impression d’une certaine sérénité qui traverse ce composite : celle que gagne peu à peu l’artisan appliqué qui sans même y penser aura construit une œuvre.

ROMANCE single « Cigarettes et verveine »

(23/04/2026 – ZRP / Kuroneko)

Après la relative insouciance du premier extrait, le quintet parisien (et un peu rennais) dévoile une autre facette de son talent, un côté plus romantique, rock dans la forme mais peut-être un brin soul dans l’esprit. Une situation simple, celle du moment où on se prépare à sortir, se retrouver, à l’âge où l’on est parfois partagé entre l’envie de soirées folles et d’autres aspirations qui peuvent ressembler à une vie rangée. Et comme souvent, une bonne chanson c’est un bon titre.

MAUD OCTALLINN « Dramadanses »

(11-17/04/2026 – Ratée production)

Elle avait laissé de la place Sur le cloud depuis son hagiographie Sainte Saucisse (2019) mais puisque Ça va mieux merci (reggae cosmique révélé en premier single), Maud Octalllinn signe son retour avec un album oscillant entre chanson pop, électro-ménagère, drum and bass et tentative de dancehall, réalisé cette fois avec plusieurs complices dont le beatmaker S.O.A.P (Yoshi, Taïwan MC). Toujours avant-ringardiste comme elle dit, Maud retrouve le côté musical de sa double-vie pour un album en forme de rite thérapeutique. Si drôles de ritournelles ragga et Danses espagnoles ne vous font pas peur, chaussez vos Belles baskets !

JÉRÔME MINIÈRE single « Pensées sans calcul » (feat. Salomé Leclerc)

(09/04/2026 – Objet Disque / Happy Life)

Annonçant le nouvel album du franco-québécois, Pensées sans calcul a d’abord été un poème, puis un podcast expérimental basé sur un dialogue halluciné avec ChatGPT, avant de devenir cette ritournelle electro-poétique qui interroge notre rapport à l’IA, servie par la voix et la guitare de Salomé Leclerc, ainsi que la basse d’Albin de la Simone. Des thématiques déjà abordées par Jérôme Minière sur son diptyque Une clairière / Dans la forêt numérique, celles d’un monde qui change, dont il reste le chroniqueur fragile et inquiet mais toujours visionnaire, et surtout… très humain.