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JÉRÔME MINIÈRE « La dérive des rêves »

(16/10/2026 – Objet Disque / Kuroneko)

S’il revient quelque peu aux racines électro DIY qui lui avaient valu d’être découvert par Lithium, le franco-québécois reste constant dans son aptitude à décrire notre rapport au monde complexe et changeant qui nous entoure : essor de l’IA (Pensées sans calcul), tentation du repli sur toi (Hikikomori), quête de sens (Compostelle, Retrouver ce qui compte), fragilité psychique (saisissant Haricots rouges)… Aidé de nombreux complices de part et d’autre de l’océan (Salomé Leclerc, Poirier, Eric Deleporte / Perio, Matthieu Malon, Albin de la Simone…), Jérôme Minière n’a pas son pareil pour nous émouvoir tout en nous faisant parfois sourire. Un nouveau monde percute l’ancien, et le disque dresse sans cesse des liens entre l’avenir et le passé, l’artificiel et le naturel, l’onirique et le réel, mais aussi sur la forme entre l’acoustique et l’électronique. Parvenant à être à la fois dansant et émouvant (Le futur dans tes bras), avec ce ton doux amer qui n’appartient qu’à lui, Jérôme Minière signe un album particulièrement riche et néanmoins toujours porté par une désarmante simplicité.

ROBIN FOSTER & ALEXIS HK single « La gare »

(25/09/2026 – Autoproduction / Roy Music)

Nouvelle étape du projet collaboratif du Britannique exilé de longue date dans le Finistère. L’alliance peut surprendre mais fonctionne à merveille entre les guitares cotonneuses du compositeur anglais et la plume ciselée du chanteur français, dont la voix singulière porte cette nouvelle histoire de rupture, et son refrain poignant (Je m’en vais loin de toi…).

PARFOIS LA VIE EST DOUCE single « T’en fais pas »

(24/09/2026 – Ignatub / Inouïe Distribution)

Avec l’aide d’Ignatus toujours friand de projets collaboratifs, patients et personnel de La cité culturelle (Etablissement Public de Santé d’Étampes) ont collectivement conçu des chansons qui donneront lieu à un EP2 fin octobre (et un concert parisien), parfois aidés aussi d’artistes comme ici Popimane et sa flûte égayant un peu plus ce premier extrait au message simple et à la fraîcheur communicative.

ROMANCE « Promis ce soir »

(18/09/2026 – ZRP / Kuroneko)

Le quintet parisien (et un peu rennais par son chanteur) signe un premier album séduisant qui puise à différentes sources de ce que le rock et le punk ont fait de mieux en France et un peu ailleurs. Punk sauf que ça joue. Crétin par choix parfois, malin par nature souvent. Léger et tourmenté à la fois. Facile d’accès presque trop, mais riche parce que construit sur une belle culture pop. Chronique d’un passage à de l’enfance à l’âge adulte, cet album réalisé par James Eleganz fait aussi bien dans le titre rock, immédiat, parfois survolté (Le net, D’la faute à moi, Je suis coupable…) que dans les chansons plus posées voire plus profondes mais souvent tout aussi entêtantes (Cigarettes & verveine, Mehari, Aventurier…). Et « promis ce soir » si vous allez les voir sur scène, vous passerez un très bon moment.

FULBERT « Les anges nomades »

(28/08/2026 – La Lézarde / L’Autre Distribution)

Après plusieurs albums sous son nom, Xavier Plumas (Tue-Loup) réactive le groupe qu’il formait déjà avec le batteur Cyril Bilbeaud (Sloy, Zone Libre, Versari…). Ils reçoivent cette fois le renfort du saxophoniste vendômois Pierre Lambla et de la chanteuse congolaise Doctrovée Bansimba, à qui l’ont doit les visuels de cet album, et qui co-signe également le saisissant second single Lombo, l’aventureux Arrosoirs, et D’écume Maleka dont la chaleureuse torpeur est gagnée par la fièvre. Un disque de chanson (parfois anglophones quand sont évoqués des souvenirs californiens), mais profondément nourri d’un jazz souvent free qui sait où sont ses racines, mais où les fans de la plume délicieusement vénéneuse de Plumas trouveront leurs repères dans le premier single La vie sauvage, la douceur de l’ouverture printanière du disque (Les grandes écorces), et goûteront aussi la sompteuse et lumineuse reprise forcément hivernale de La neige est blanche (Manset). Une sorte de disque-voyage entre les saisons, traversé par un véritable vent de liberté.

ÉRIC NEVEUX « La Messagerie – EP03 »

ÉRIC NEVEUX « La Messagerie – EP03 » avec TROPIC HOTEL, ARTHUR SIMONINI, et RUBIN STEINER & MrNEVEUX (17/07/2026 – Tuba / IDOL)

Suite des des étonnantes relectures que les invités d’Éric Neveux ont fait de son thème Le répondeur avec ce EP03 emmené cette fois par un superbe single en français, Sur ton répondeur, signé Tropic Hotel, un duo (comme Gainsbourg Birkin ou Chagrin d’Amour) où figure l’ex Hyperclean Frédéric Jean. Avec aussi une paire de relectures instrumentales, épique pour Interférences signé du compositeur et arrangeur Arthur Simonini, un peu surf pour Votre messagerie est saturée avec le vieux complice Rubin Steiner.

ROMANCE single « Le net »

(03/06/2026 – ZRP / Kuroneko)

Un peu jeune pour avoir connu le minitel ou même le modem 56k, le quintet parisien va pourtant puiser dans le bon vieux punk français 80s ce qu’il a de plus joyeusement primaire et défouloir avec ce vrai tube malin, drôle et immédiat. Ils le jouent en live depuis un moment, le public semble le connaître déjà par cœur, un signe non ?

FULBERT single « La vie sauvage »

(02/06/2026 – La Lézarde / L’Autre Distribution)

Xavier Plumas réactive le groupe avec lequel il s’était déjà échappé une première fois de Tue-Loup, bien avant ses albums solo, et déjà en compagnie du batteur Cyril Bilbeaud (Sloy, Versari, Zone Libre). Même si l’on garde en repère l’écriture venéneuse et le jeu de guitare du Sarthois avec ce premier single, on découvre l’apport du sax de Pierre Lambla et de la voix de Doctrovée Bansimba (qui signe aussi les visuels), annonçant un disque-voyage, plus libre que jamais.

JÉRÔME MINIÈRE single « Hikikomori » feat. POIRIER

(28/05/2026 – Objet Disque / Happy Life)

Après Pensées sans calculs, le franco-québécois se penche sur un phénomène identifié au Japon dans les années 70/80 et qui a pris de l’ampleur lors de la pandémie de Covid : se couper du monde, s’enfermer chez soi, s’isoler volontairement. Le texte, implacable et imagé, est comme toujours chez Jérôme Minière, d’une grande acuité. On y retrouve l’universel de nos solitudes contemporaines, le rapport particulier à l’isolement qu’ont nos existences depuis cette période particulière, encadrées par les écrans, verrouillées en silo par les algorithmes. Le franco-québécois retrouve son complice Poirier pour concocter ce blues nocturne et électronique, à la fois triste et dansant comme chez un Stromae un peu fragile. Et qui agit comme un antidépresseur…

ORWELL « Composite »

(15/05/2026 – Picture Disque / Inouïe Distribution)

Après l’incartade Son Parapluie qui l’avait mené jusqu’aux Trans, et le pas de côté constitué par des reprises de Simple Minds à la sauce Orwell, Jérôme Didelot et ses complices reviennent aux recettes qui ont fait de leur formation une valeur sûre et de plus en plus reconnue de l’indie-pop à la française. Saine maladie que cette Composite qui donne le nom à cet album protéïforme (et à un bel instru) passant en revue ce qui fait la marque d’Orwell : exigence mélodique, richesse des arrangements, textes essentiellement francophones aux thématiques universelles cachées derrière des formules cryptiques. Ainsi pour l’appendice italophone du premier single Tout jusqu’au bout (Soltanto), hymne à la persévérance (auquel Chercher sans relâche ou l’incartade anglophone Long is the Race font écho), ou l’étrange formulation de l’entêtant Tellement sans. Si les mélodies sont limpides, le sens est parfois retors : Tout n’arrive qu’à moi ne s’autorise ainsi un « je » autocentré que pour raconter avec humilité (mais en accords majeurs) combien chaque existence ne peut se nourrir que de son propre ressenti. Et si un brin de mélancolie ou de saudade à la sauce lorraine (!) s’entend sur certains titres (Si le sol se dérobe, Plus au sud), c’est surtout l’impression d’une certaine sérénité qui traverse ce composite : celle que gagne peu à peu l’artisan appliqué qui sans même y penser aura construit une œuvre.