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THE YOUNG GODS album live « WE ARE ALL YOUNG GODS »

(30/10/2026 – Two Gentlemen / PIAS)

Pour clore en beauté le cycle entamé avec la sortie de son dernier album studio en date, l’acclamé Appear Disappear, le trio publie l’enregistrement du concert donné au Fri-Son à Fribourg en décembre 2025. La part belle est faite aux derniers titres en date qui tiennent la comparaison avec les classiques piochés principalement au sein de TV Sky. De quoi fixer un peu les excellents souvenirs de leur tournée qui se termine, et attendre de découvrir ensuite comment ils sauront encore inventer un nouveau chapitre à ce parcours admirable.

JÉRÔME MINIÈRE « La dérive des rêves »

(16/10/2026 – Objet Disque / Kuroneko)

S’il revient quelque peu aux racines électro DIY qui lui avaient valu d’être découvert par Lithium, le franco-québécois reste constant dans son aptitude à décrire notre rapport au monde complexe et changeant qui nous entoure : essor de l’IA (Pensées sans calcul), tentation du repli sur toi (Hikikomori), quête de sens (Compostelle, Retrouver ce qui compte), fragilité psychique (saisissant Haricots rouges)… Aidé de nombreux complices de part et d’autre de l’océan (Salomé Leclerc, Poirier, Eric Deleporte / Perio, Matthieu Malon, Albin de la Simone…), Jérôme Minière n’a pas son pareil pour nous émouvoir tout en nous faisant parfois sourire. Un nouveau monde percute l’ancien, et le disque dresse sans cesse des liens entre l’avenir et le passé, l’artificiel et le naturel, l’onirique et le réel, mais aussi sur la forme entre l’acoustique et l’électronique. Parvenant à être à la fois dansant et émouvant (Le futur dans tes bras), avec ce ton doux amer qui n’appartient qu’à lui, Jérôme Minière signe un album particulièrement riche et néanmoins toujours porté par une désarmante simplicité.

THE BOO RADLEYS « In Spite of Everything »

(16/10/2026 – BooSTR Records / L’Autre Distribution)

Auréolé dans son pays d’une paire de N°1 des critiques et des ventes, ce quartet phare de l’indie rock britannique des années 90 avait pris le virage de l’exigence plutôt que le chemin des stades, avant de tirer sa révérence. En reformant le groupe sans Martin Carr mais avec sa bénédiction en 2022, Simon ‘Sice’ Rowbottom (chant), Time Brown (basse) et Rob Cieka (batterie) en ont conservé l’esprit et la richesse musicale tout en s’autorisant aussi une certaine liberté, avec un songwriting désormais collectif. Premier de leurs nouveaux disques à être vraiment distribué en France, ce 9e album est marqué par un véritable clair / obscur dont Living is Easy est sans doute la pierre angulaire, écrit par Tim après la perte de son fils ainé. Si les tourments du deuil (Song for Natalie également), du narcisime (Hey I Know, Solarcide), ou de la trahison (Affected / Rejected, Do Better / Know Better) traversent le disque, les inspirations sont parfois plus légères (sur King Budgie ou le limpide Bring Them Back Again).

Dans sa version bonus, ce nouvel album comprend un Live at La Maroquinerie en forme de best of enregistré lors de leur tournée française de l’automne 2025, témoignant d’un vrai plaisir de jouer, avec un son et des voix toujours au rendez-vous. Leur retour fin octobre pour une série de dates françaises permettra non seulement de retrouver les hits de la période Wake Up / Giants Steps, mais aussi sans doute de constater que les nouvelles chansons peuvent trouver leur place dans ce répertoire de haute volée.

GRÉGOIRE GERSTMANS « Éternité »

(09/10/2026 – PIAS)

Le pianiste belge continue sur ce 2e album son exploration des moments de basculement comme le laisse deviner Juste avant la nuit pièce qui ouvre ce disque enregistré sur un piano droit en laissant le souffle, la respiration, la vie, l’instant que cherche à saisir l’artiste. Qu’il évoque les derniers échanges ô combien précieux avec un ami disparu (Ceux qui restent), se lance dans un dialogue avec la multi-instrumentiste Margaret Hermant (Bells) où s’intéresse au moment où les choses d’une façon ou d’une autre basculent inéluctablement (Somehow), le colosse liégeois fait de sa méticuleuse exploration de notre rapport au temps et à l’instant une forme de résistance à la frénésie contemporaine.

DÉÉFAIT 1er album

(02/10/2026 – Ici d’ailleurs / Kuroneko)

Un EP paru fin 2025 et quelques concerts fiévreux ont suffi à faire du quintet parisien au nom étrange (et venu de son chanteur mexicain Ric Lara) une des formations les plus attendues au tournant, au moins dans un cercle disons noise/psyché. Enregistré au Black Box Studio par Peter Deimel et mixé par un des fondateurs du collectif Mancunien Gnod, ce premier long format de nouveau dépourvu de nom affirme la singularité de la formation. Le chant parfois psalmodié et évoluant dans plusieurs langues est surtout une matière sonore même si l’on peut y trouver des références autant sexuelles que religieuses (I Promise to Divide You le premier single, Satan’s Brew et son délicieux enfer en deuxième extrait). De l’atmosphère oppressante et moite de l’introductif Will More y Su Winston 100’s à la petite délivrance du DF final, on sera passé par certains repères déjà entendus en concert (2440) et quelques riffs obsédants à la hauteur de titres qui sonnent comme des promesses ou des invectives (Fissure, fôlatre, crie!). Finir sens dessus-dessous, voilà tout un programme dont la puissance n’a encore pas montré ses limites, au point qu’on se demande si ses artisans n’en sont pas eux-mêmes les jouets. Et c’est tant mieux.

ROMANCE « Promis ce soir »

(18/09/2026 – ZRP / Kuroneko)

Le quintet parisien (et un peu rennais par son chanteur) signe un premier album séduisant qui puise à différentes sources de ce que le rock et le punk ont fait de mieux en France et un peu ailleurs. Punk sauf que ça joue. Crétin par choix parfois, malin par nature souvent. Léger et tourmenté à la fois. Facile d’accès presque trop, mais riche parce que construit sur une belle culture pop. Chronique d’un passage à de l’enfance à l’âge adulte, cet album réalisé par James Eleganz fait aussi bien dans le titre rock, immédiat, parfois survolté (Le net, D’la faute à moi, Je suis coupable…) que dans les chansons plus posées voire plus profondes mais souvent tout aussi entêtantes (Cigarettes & verveine, Mehari, Aventurier…). Et « promis ce soir » si vous allez les voir sur scène, vous passerez un très bon moment.

FULBERT « Les anges nomades »

(28/08/2026 – La Lézarde / L’Autre Distribution)

Après plusieurs albums sous son nom, Xavier Plumas (Tue-Loup) réactive le groupe qu’il formait déjà avec le batteur Cyril Bilbeaud (Sloy, Zone Libre, Versari…). Ils reçoivent cette fois le renfort du saxophoniste vendômois Pierre Lambla et de la chanteuse congolaise Doctrovée Bansimba, à qui l’ont doit les visuels de cet album, et qui co-signe également le saisissant second single Lombo, l’aventureux Arrosoirs, et D’écume Maleka dont la chaleureuse torpeur est gagnée par la fièvre. Un disque de chanson (parfois anglophones quand sont évoqués des souvenirs californiens), mais profondément nourri d’un jazz souvent free qui sait où sont ses racines, mais où les fans de la plume délicieusement vénéneuse de Plumas trouveront leurs repères dans le premier single La vie sauvage, la douceur de l’ouverture printanière du disque (Les grandes écorces), et goûteront aussi la sompteuse et lumineuse reprise forcément hivernale de La neige est blanche (Manset). Une sorte de disque-voyage entre les saisons, traversé par un véritable vent de liberté.

THE REED CONSERVATION SOCIETY« Sing a Song That Never Ends »

(26/06/2026 – La Basse Roche / Inouïe Distribution)

Après un premier album toujours pop mais francophone, retour à l’anglais des EP originels pour la formation parisienne, désormais quartet avec la pleine intégration de Cédric Bermond et Nicolas Pain aux côtés de Stéphane Auzenet et Mathieu Blanc. Titre d’album emprunté à Jeff Tweedy, influences de Pavement (pour le texte de Goldfish with Glitter Gleam ou du 1er single The Kruize), de Sufjan Stevens (If I Could Change Myself into Water, Whistle in the Tree), balade du côté de Twin Peaks (Bucky Jay) ou de la Nouvelle Orleans (All the Stars Fall Asleep), référence presque fantasmée à la culture américaine (Elvis has Left the Building) : les USA sont omniprésents. Et pourtant ce disque dresse des ponts entre les continents, comme Modesty of Heart inspiré des Kinks, ou Sainte Marine nous ramenant en Europe, tout au bout même. Rosie Brown et Berndt Rest de Brighton, ou encore Natasha Penot (vue au sein de The Apartments) viennent se joindre aux alliés habituels (dont Yann Arnaud aux manettes) pour ce disque réalisé en équipe et en famille, un disque aux arrangements et harmonies riches et pourtant simple d’accès. Une somptueuse nouvelle page dans la discographie de TRCS, dont I Wish You Were More Than an Affair nous laisse aussi deviner une prochaine étape à la production plus folk.

ORWELL « Composite »

(15/05/2026 – Picture Disque / Inouïe Distribution)

Après l’incartade Son Parapluie qui l’avait mené jusqu’aux Trans, et le pas de côté constitué par des reprises de Simple Minds à la sauce Orwell, Jérôme Didelot et ses complices reviennent aux recettes qui ont fait de leur formation une valeur sûre et de plus en plus reconnue de l’indie-pop à la française. Saine maladie que cette Composite qui donne le nom à cet album protéïforme (et à un bel instru) passant en revue ce qui fait la marque d’Orwell : exigence mélodique, richesse des arrangements, textes essentiellement francophones aux thématiques universelles cachées derrière des formules cryptiques. Ainsi pour l’appendice italophone du premier single Tout jusqu’au bout (Soltanto), hymne à la persévérance (auquel Chercher sans relâche ou l’incartade anglophone Long is the Race font écho), ou l’étrange formulation de l’entêtant Tellement sans. Si les mélodies sont limpides, le sens est parfois retors : Tout n’arrive qu’à moi ne s’autorise ainsi un « je » autocentré que pour raconter avec humilité (mais en accords majeurs) combien chaque existence ne peut se nourrir que de son propre ressenti. Et si un brin de mélancolie ou de saudade à la sauce lorraine (!) s’entend sur certains titres (Si le sol se dérobe, Plus au sud), c’est surtout l’impression d’une certaine sérénité qui traverse ce composite : celle que gagne peu à peu l’artisan appliqué qui sans même y penser aura construit une œuvre.

MAUD OCTALLINN « Dramadanses »

(11-17/04/2026 – Ratée production)

Elle avait laissé de la place Sur le cloud depuis son hagiographie Sainte Saucisse (2019) mais puisque Ça va mieux merci (reggae cosmique révélé en premier single), Maud Octalllinn signe son retour avec un album oscillant entre chanson pop, électro-ménagère, drum and bass et tentative de dancehall, réalisé cette fois avec plusieurs complices dont le beatmaker S.O.A.P (Yoshi, Taïwan MC). Toujours avant-ringardiste comme elle dit, Maud retrouve le côté musical de sa double-vie pour un album en forme de rite thérapeutique. Si drôles de ritournelles ragga et Danses espagnoles ne vous font pas peur, chaussez vos Belles baskets !