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LA CIGUË « La ache des chiens »

(03/04/2026 – Figures Libres Records / L’Autre Distribution)

Venus du rock et de la chanson en duo également (Toukan Toukan pour l’un à la batterie, Grande pour l’autre au chant et au violon), Etienne et Chloé abordent ici des rivages disons néotrad qu’on aurait tort de ranger hors des « musiques actuelle ». En puisant dans ses racines (berrichonnes en particulier), La Ciguë propose un « bal de mauvaises graines », un instant de communion et de rencontre bien sûr, mais aussi une tribune fiévreuse. Comme sur le premier single La rose et le rosier, valse sombre et troublante dont la métaphore florale dévoile en réalité l’histoire d’un amour interdit, brisé par la violence et la possession, ou sur Debout, hymne aux révoltes et aux lâchers-prise, et même poing levé sur Barbare. Mais ils ne s’interdisent pas quelques moments où le calme n’enlève rien à la tension et à l’intensité (Il pleut, L’île aux prières…). Empruntant son nom comme son titre à une plante sauvage et toxique qui pousse dans l’ombre des haies, La Ciguë  fait de la tradition une arme de résistance sonore.

CHANSONS PRIMEURS Printemps 2026

(26/03 au 03/04 dans le quart nord-ouest)

Habitué à l’écriture sous contrainte, ignatus promène depuis une douzaine d’années ce concept où 8 artistes venus de différents horizons ont 3 jours pour écrire 16 chansons présentées dans la foulée à un public heureux de ces moments uniques. Au casting comme toujours, des artistes à la notoriété établie (Clarika et l’ex-Brigitte Sylvie Hoarau), d’autres moins connus mais à la carrière bien installée (Ben Herbert Larue, l’ex-Rouquine Sébastien Rousselet, Hélène Piris), renforcés par de jeunes pousses prometteuses (Adélys, Barbara Zimmer, Anaïs Rosso). Du bon et du tout frais à venir déguster en primeur !

ORWELL single « Tout jusqu’au bout (Soltanto) »

(13/03/2026 – Picture Disque / Inouïe Distribution)

Après l’incartade Son Parapluie qui l’avait mené jusqu’aux Trans, et le pas de côté constitué par des reprises de Simple Minds à la sauce Orwell, Jérôme Didelot et ses complices reviennent aux recettes qui ont fait de leur formation une valeur sûre et de plus en plus reconnue de l’indie-pop à la française. Saine maladie que cette Composite qui donne le nom à l’album protéïforme attendu en mai, et premier exemple de leur savoir-faire avec ce titre à la mystérieuse appendice italophone, interrogation subtile sur la persévérance et refrain qui s’immisce…

NATACHA TERTONE « La patience n’existe pas »

(13/03/2026 – NoldUp / PIAS)

La réédition appréciée de son unique album avait permis à la lilloise de remonter sur scène, avec ses complices Bruno Mathieu et Jérôme Mackowiak : on avait vu alors que la jeune adulte débordée par son incompréhension du monde était devenue une femme à la voix plus assurée, et pu découvrir quelques nouveaux titres annonciateurs d’une palette élargie, d’une écriture travaillée. Une artiste ne suit pas les modes mais crée un monde qui lui ressemble : traçant un arc narratif clair et qui assume contradictions et complexités de l’artiste, son 2e album s’ouvre sur Ne jamais dire jamais et s’achève sur La valse de 25 ans donnant quelques incides sur les raisons de sa longue éclipse comme de son retour, en passant par les singles Je tiens bon, 123 soleil et Non ou encore le poignant Quand tu fais le mort :  la mélancolie est lucide et la résilience au coeur du propos de cette téméraire rébellion face à l’ordre des choses. Si le temps est anthropophage, point ici de nostalgie stérile, au contraire : qu’importent les tempêtes à traverser, c’est bien le jeu d’aller chercher Le sel de la vie

ROMANCE « D’la faute à moi » single

(25/02/2026 – ZRP / Kuroneko)

Ce groupe parisien emmené par un leader aux racines rennaises a déjà été repéré sur scène, et proposera à la rentrée un premier album enregistré par son voisin de label James Eleganz. Sur une bande son puisant avec érudition ce qu’il faut d’élégance et de morgue dans une vaste palette dont l’étiquette dandy punk pourrait résumer la teneur, on y suivra le parcours d’un personnage abordant l’âge adulte. Dans ce premier single malin au refrain immédiat, il prend conscience de qui il est, de la différence de réussite en fonction des castes, et des règles du jeu que supposent ces inégalités…

NATACHA TERTONE « 1 2 3 Soleil »

(12/11/2025 – NoldUp / PIAS)

Ce second extrait du 2e album de la Lilloise prévu pour le printemps, un quart de siècle après son premier long format, transforme un jeu d’enfance en métaphore électrisante du temps qui passe, s’aventurant avec brio dans un pont slamé témoignant de l’aisance vocale (et scénique) gagnée par Natacha Tertone, qui s’affirme comme l’une des voix singulières de la scène avant-pop francophone.

IGNATUS single « La saison des mouches »

(21/09/2025 – Ignatub / Believe – Inouïe Distribution)

Remontant sur scène pour son album Dans les virages, Jérôme « ignatus » Rousseau décidait d’y reprendre un titre de son groupe d’origine Les Objets, et ce pour la première fois depuis le décès de son alter ego de l’époque Olivier Libaux. L’accueil chaleureux pour cette chanson de leur premier album, revisitée sur un mode bossa comme le faisait son complice sur des tubes new wave au sein de Nouvelle Vague, l’a incité à l’enregistrer. Occasion aussi d’un clip puisant dans les souvenirs d’un parcours singulier et fondateur pour la pop francophone.

JUR single « Forte »

(10/07/2025 – CridaCompany / L’Autre Distribution)

Mené par la chanteuse d’origine espagnole qui lui a donné son nom, le groupe basé dans le Tarn annonce un album centré sur son village, Vaour. Peuplé de femmes qui, comme la jeune maman remise de la tumeur au cerveau qui avait failli l’emporter à l’époque de l’album Sangria, affrontent petites et grandes épreuves, avec force.

MAUVAIS SANG « La faune »

(09/05/2025 – Dagaanda / The Orchard)

Suite du diptyque entamé l’an dernier avec l’EP La flore dont il partage certains titres (Modèle, Nuit venin…), le second album du groupe savoyard disséminé entre Genève, Londres, Lyon et Paris continue de prendre des risques et de creuser sa belle singularité. Celle d’un chant en français pour une musique tour à tour abrasive et aérienne (comme Nouvelle ère son premier extrait), d’un propos sachant mêler l’intime et l’universel au milieu d’un monde en mutation, observant une humanité comme figée Sur la plage et qui feint d’ignorer le danger tout proche (La danse du feu). Celui aussi d’être des jeunes gens pas encore trentenaires et pourtant déjà tournés vers ceux qui suivront (et survivront ?) : hypnotique L’enfant, vertigineux Loin

VICTOR LEE GABRIEL « Le monstre et la maison »

(25/04/2025 – Vibrations sur le Fil / Inouïe Distribution)

Compositeur (Pomme…), réalisateur artistique (Laurent Lamarca, Eddy La Gooyatsch, Comme John…) mais aussi souvent sur la route comme musicien de scène (aux côtés d’Ycare en particulier), l’ex-Grimme a voulu donner un nouveau départ à sa vie en partant s’installer en forêt avec sa femme et leurs enfants (Tout est à refaire, J’irai danser loin des pavés…). Avant qu’on découvre le mal incurable de sa compagne, qui malgré l’espoir (Tu guériras, Sors, Tu danses encore…) a fini par l’emporter quelques semaines avant que ne sorte ce disque, pourtant très lumineux. Car c’est bien le propos : trouver la lumière même au plus profonde de l’obscurité (Le verre à moitié vide…), profiter de chaque moment puisqu’après tout l’issue ne fait aucun doute (Ce n’est rien…), savoir toujours et encore inventer un après (Quand tout tombera demain…).