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MAUD OCTALLINN « Dramadanses »

(11-17/04/2026 – Ratée production)

Elle avait laissé de la place Sur le cloud depuis son hagiographie Sainte Saucisse (2019) mais puisque Ça va mieux merci (reggae cosmique révélé en premier single), Maud Octalllinn signe son retour avec un album oscillant entre chanson pop, électro-ménagère, drum and bass et tentative de dancehall, réalisé cette fois avec plusieurs complices dont le beatmaker S.O.A.P (Yoshi, Taïwan MC). Toujours avant-ringardiste comme elle dit, Maud retrouve le côté musical de sa double-vie pour un album en forme de rite thérapeutique. Si drôles de ritournelles ragga et Danses espagnoles ne vous font pas peur, chaussez vos Belles baskets !

LA CIGUË « La ache des chiens »

(03/04/2026 – Figures Libres Records / L’Autre Distribution)

Venus du rock et de la chanson en duo également (Toukan Toukan pour l’un à la batterie, Grande pour l’autre au chant et au violon), Etienne et Chloé abordent ici des rivages disons néotrad qu’on aurait tort de ranger hors des « musiques actuelle ». En puisant dans ses racines (berrichonnes en particulier), La Ciguë propose un « bal de mauvaises graines », un instant de communion et de rencontre bien sûr, mais aussi une tribune fiévreuse. Comme sur le premier single La rose et le rosier, valse sombre et troublante dont la métaphore florale dévoile en réalité l’histoire d’un amour interdit, brisé par la violence et la possession, ou sur Debout, hymne aux révoltes et aux lâchers-prise, et même poing levé sur Barbare. Mais ils ne s’interdisent pas quelques moments où le calme n’enlève rien à la tension et à l’intensité (Il pleut, L’île aux prières…). Empruntant son nom comme son titre à une plante sauvage et toxique qui pousse dans l’ombre des haies, La Ciguë  fait de la tradition une arme de résistance sonore.

CHANSONS PRIMEURS Printemps 2026

(26/03 au 03/04 dans le quart nord-ouest)

Habitué à l’écriture sous contrainte, ignatus promène depuis une douzaine d’années ce concept où 8 artistes venus de différents horizons ont 3 jours pour écrire 16 chansons présentées dans la foulée à un public heureux de ces moments uniques. Au casting comme toujours, des artistes à la notoriété établie (Clarika et l’ex-Brigitte Sylvie Hoarau), d’autres moins connus mais à la carrière bien installée (Ben Herbert Larue, l’ex-Rouquine Sébastien Rousselet, Hélène Piris), renforcés par de jeunes pousses prometteuses (Adélys, Barbara Zimmer, Anaïs Rosso). Du bon et du tout frais à venir déguster en primeur !

ORWELL single « Tout jusqu’au bout (Soltanto) »

(13/03/2026 – Picture Disque / Inouïe Distribution)

Après l’incartade Son Parapluie qui l’avait mené jusqu’aux Trans, et le pas de côté constitué par des reprises de Simple Minds à la sauce Orwell, Jérôme Didelot et ses complices reviennent aux recettes qui ont fait de leur formation une valeur sûre et de plus en plus reconnue de l’indie-pop à la française. Saine maladie que cette Composite qui donne le nom à l’album protéïforme attendu en mai, et premier exemple de leur savoir-faire avec ce titre à la mystérieuse appendice italophone, interrogation subtile sur la persévérance et refrain qui s’immisce…

NATACHA TERTONE « La patience n’existe pas »

(13/03/2026 – NoldUp / PIAS)

La réédition appréciée de son unique album avait permis à la lilloise de remonter sur scène, avec ses complices Bruno Mathieu et Jérôme Mackowiak : on avait vu alors que la jeune adulte débordée par son incompréhension du monde était devenue une femme à la voix plus assurée, et pu découvrir quelques nouveaux titres annonciateurs d’une palette élargie, d’une écriture travaillée. Une artiste ne suit pas les modes mais crée un monde qui lui ressemble : traçant un arc narratif clair et qui assume contradictions et complexités de l’artiste, son 2e album s’ouvre sur Ne jamais dire jamais et s’achève sur La valse de 25 ans donnant quelques incides sur les raisons de sa longue éclipse comme de son retour, en passant par les singles Je tiens bon, 123 soleil et Non ou encore le poignant Quand tu fais le mort :  la mélancolie est lucide et la résilience au coeur du propos de cette téméraire rébellion face à l’ordre des choses. Si le temps est anthropophage, point ici de nostalgie stérile, au contraire : qu’importent les tempêtes à traverser, c’est bien le jeu d’aller chercher Le sel de la vie

ROMANCE « D’la faute à moi » single

(25/02/2026 – ZRP / Kuroneko)

Ce groupe parisien emmené par un leader aux racines rennaises a déjà été repéré sur scène, et proposera à la rentrée un premier album enregistré par son voisin de label James Eleganz. Sur une bande son puisant avec érudition ce qu’il faut d’élégance et de morgue dans une vaste palette dont l’étiquette dandy punk pourrait résumer la teneur, on y suivra le parcours d’un personnage abordant l’âge adulte. Dans ce premier single malin au refrain immédiat, il prend conscience de qui il est, de la différence de réussite en fonction des castes, et des règles du jeu que supposent ces inégalités…

IGNATUS « Choses Piano »

(16/01/2026 – Ignatub / Believe – Inouïe Distribution)

Si certaines de ses chansons les plus emblématiques ont été composées au piano, ce sont ici des pièces instrumentales que nous livre Jérôme ‘ignatus’ Rousseaux, qui se souvient de la manière dont un séjour en Inde lorsqu’il avait 20 ans et étudiait le piano jazz, l’avait éveillé à des gammes peu usitées en occident. Comme sur l’introductif Feuille fil danse, c’est en conservant les moments les plus intéressants des improvisations réalisées dans cet esprit, sur son demi-queue Erard de 1920, qu’ignatus transpose sur un territoire disons néoclassique la subtile singularité qui en a fait un artiste particulièrement apprécié et respecté côté pop.