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ROMANCE single « Cigarettes et verveine »

(23/04/2026 – ZRP / Kuroneko)

Après la relative insouciance du premier extrait, le quintet parisien (et un peu rennais) dévoile une autre facette de son talent, un côté plus romantique, rock dans la forme mais peut-être un brin soul dans l’esprit. Une situation simple, celle du moment où on se prépare à sortir, se retrouver, à l’âge où l’on est parfois partagé entre l’envie de soirées folles et d’autres aspirations qui peuvent ressembler à une vie rangée. Et comme souvent, une bonne chanson c’est un bon titre.

ÉRIC NEVEUX single « Le répondeur »

(17/04/2026 – Tuba / IDOL)

Après avoir émergé dans la vague electro de la fin des 90s en tant que MrNeveux et cofondé le label Microbe (This it the Kit, Barbara Carlotti…), il est devenu un des compositeurs de musiques de film les plus appréciés (de Ceux qui m’aiment prendront le train à des séries comme Sentinelles). Créé pour le long métrage éponyme de Fabienne Godet (avec D.Podalydès et S.Cissé), Le répondeur est un thème si apprécié qu’il a donné envie à Éric Neveux de le confier à pas moins de 25 artistes pour autant de façon de le revisiter. En attendant de découvrir ces créations (instrus ou chansons), on commence logiquement avec le thème lui-même, porté entre autres par le piano alerte de Macha Gharibian.

MAUD OCTALLINN « Dramadanses »

(11-17/04/2026 – Ratée production)

Elle avait laissé de la place Sur le cloud depuis son hagiographie Sainte Saucisse (2019) mais puisque Ça va mieux merci (reggae cosmique révélé en premier single), Maud Octalllinn signe son retour avec un album oscillant entre chanson pop, électro-ménagère, drum and bass et tentative de dancehall, réalisé cette fois avec plusieurs complices dont le beatmaker S.O.A.P (Yoshi, Taïwan MC). Toujours avant-ringardiste comme elle dit, Maud retrouve le côté musical de sa double-vie pour un album en forme de rite thérapeutique. Si drôles de ritournelles ragga et Danses espagnoles ne vous font pas peur, chaussez vos Belles baskets !

JÉRÔME MINIÈRE single « Pensées sans calcul » (feat. Salomé Leclerc)

(09/04/2026 – Objet Disque / Happy Life)

Annonçant le nouvel album du franco-québécois, Pensées sans calcul a d’abord été un poème, puis un podcast expérimental basé sur un dialogue halluciné avec ChatGPT, avant de devenir cette ritournelle electro-poétique qui interroge notre rapport à l’IA, servie par la voix et la guitare de Salomé Leclerc, ainsi que la basse d’Albin de la Simone. Des thématiques déjà abordées par Jérôme Minière sur son diptyque Une clairière / Dans la forêt numérique, celles d’un monde qui change, dont il reste le chroniqueur fragile et inquiet mais toujours visionnaire, et surtout… très humain.

LA CIGUË « La ache des chiens »

(03/04/2026 – Figures Libres Records / L’Autre Distribution)

Venus du rock et de la chanson en duo également (Toukan Toukan pour l’un à la batterie, Grande pour l’autre au chant et au violon), Etienne et Chloé abordent ici des rivages disons néotrad qu’on aurait tort de ranger hors des « musiques actuelle ». En puisant dans ses racines (berrichonnes en particulier), La Ciguë propose un « bal de mauvaises graines », un instant de communion et de rencontre bien sûr, mais aussi une tribune fiévreuse. Comme sur le premier single La rose et le rosier, valse sombre et troublante dont la métaphore florale dévoile en réalité l’histoire d’un amour interdit, brisé par la violence et la possession, ou sur Debout, hymne aux révoltes et aux lâchers-prise, et même poing levé sur Barbare. Mais ils ne s’interdisent pas quelques moments où le calme n’enlève rien à la tension et à l’intensité (Il pleut, L’île aux prières…). Empruntant son nom comme son titre à une plante sauvage et toxique qui pousse dans l’ombre des haies, La Ciguë  fait de la tradition une arme de résistance sonore.

NATACHA TERTONE « La patience n’existe pas »

(13/03/2026 – NoldUp / PIAS)

La réédition appréciée de son unique album avait permis à la lilloise de remonter sur scène, avec ses complices Bruno Mathieu et Jérôme Mackowiak : on avait vu alors que la jeune adulte débordée par son incompréhension du monde était devenue une femme à la voix plus assurée, et pu découvrir quelques nouveaux titres annonciateurs d’une palette élargie, d’une écriture travaillée. Une artiste ne suit pas les modes mais crée un monde qui lui ressemble : traçant un arc narratif clair et qui assume contradictions et complexités de l’artiste, son 2e album s’ouvre sur Ne jamais dire jamais et s’achève sur La valse de 25 ans donnant quelques incides sur les raisons de sa longue éclipse comme de son retour, en passant par les singles Je tiens bon, 123 soleil et Non ou encore le poignant Quand tu fais le mort :  la mélancolie est lucide et la résilience au coeur du propos de cette téméraire rébellion face à l’ordre des choses. Si le temps est anthropophage, point ici de nostalgie stérile, au contraire : qu’importent les tempêtes à traverser, c’est bien le jeu d’aller chercher Le sel de la vie

IGNATUS « Choses Piano »

(16/01/2026 – Ignatub / Believe – Inouïe Distribution)

Si certaines de ses chansons les plus emblématiques ont été composées au piano, ce sont ici des pièces instrumentales que nous livre Jérôme ‘ignatus’ Rousseaux, qui se souvient de la manière dont un séjour en Inde lorsqu’il avait 20 ans et étudiait le piano jazz, l’avait éveillé à des gammes peu usitées en occident. Comme sur l’introductif Feuille fil danse, c’est en conservant les moments les plus intéressants des improvisations réalisées dans cet esprit, sur son demi-queue Erard de 1920, qu’ignatus transpose sur un territoire disons néoclassique la subtile singularité qui en a fait un artiste particulièrement apprécié et respecté côté pop.

ERWAN KERAVEC « Whitewater »

(12/12/2025 – Mind Travels – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Venu des musiques trad, adoubé côté musiques contemporaines et improvisées, reconnu également pour ses collaborations côté jazz, le sonneur n’en est pas à son premier album solo, son instrument (la cornemuse écossaise) étant après tout fait pour cela. La rencontre avec la collection Mind Travels s’est fait naturellement, comme le choix, passage obligé, d’une somptueuse photo de Francis Meslet. Celle-ci reflète surtout le dernier titre Leeshore et son empilement de bourdons, crique à l’abri du vent depuis laquelle on admire la tempête qu’on vient de traverser. Celle de deux longues pièces, Increase the flow rateUntil the Swirls Appears où le Morbihanais, tout en renonçant aux techniques périphériques de son instrument (un champ non mélodique exploré sur ses précédents solos), nous entraîne dans l’instabilité, jusqu’au tourbillon. Comme on suivrait une pensée, son fil aussi constant qu’incertain, exploré hier peut-être par le Continuum de Ligeti. Une musique extrême sans aucun doute, mais qui pour peu qu’on se laisse emporter dans les subtilités du tourbillon qu’elle provoque, sait générer une véritable transe…

MICHEL CLOUP « Catharsis en pièces détachées »

(14/11/2025 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Cet album monstrueux a un ordinateur à la place du cœur. Trois êtres humains y sont connectés : Michel Cloup, Manon Labry et Julien Rufié. Ils ont nourri par couches et strates successives ce millefeuille de papier de verre et de crème pâtissière numérique. Après La honte et David, Goliath et Godzilla, premiers extraits buvant la tasse des reflux politiques de part et d’autre de l’Atlantique, on ira faire un tour en compagnie du compère Fredo/NonStop (Toulousain lui aussi) pour un H&M tranchant et sanglant, dégoulinant comme les peintures de Stéphane Arcas, et les quelques moments plus posés (Le poison / L’antidote, Maria, ou Place du Ravelin à Toulouse encore…) n’en seront pas pour autant moins intenses. Jusqu’au roboratif SISRAHTAC, ça défouraille, ça gueule, ça parle trop, mais c’est dans doute le bon moment pour un coup de tronçonneuse dans la fourmilière.

HANKY XX « Under A Western Sky »

(07/11/2025 – ZRP / Kuroneko)

Deux figures de la scène rennaise ou du moins bretonne se réunissent autour de leur amour pour la country music, James Eleganz (ex-Success) et Goulven Hamel (The Celtic Social Club, ex-Santa Cruz, vu aux côtés de Miossec, de Daho bientôt). Un style musical qu’ils n’hésitent pas à malmener un peu sur ce premier album où l’on suit deux personnages féminins, qui ne font peut-être qu’un : Camilla empruntée au Ask the Dust de John Fante, et Rebekah Hartness, celle-là même qui inspira à Taylor Swift The Last Great American Dynasty, étonnant premier single du duo. Un road trip parfois nocturne (Moonlight is a Full Light), jouant avec les codes à coup de samples étranges (Pearls & Furs), toujours au bord de la folie dont on prend conscience (The Devil Inside), avant que nos héroïnes ne disparaissent dans la brume (The Flying Dutchman, Gone With The Wind). Cet accès de folie sans doute passagère pourrait bien laisser des traces…